Vrai homme boit vin

Ca y est, vous êtes devenu un homme raffiné et mature. En conséquence vous voulez sauter le pas et vous intéresser au breuvage qui consacre le génie occidental depuis des siècles : le vin.
Le vin n’est pas forcément une question de moyen financier. Depuis les années 2000, la production mondiale n’a jamais été aussi qualitative grâce à la féroce concurrence entre pays. Seulement voilà, s’y intéresser, c’est comme gravir une montagne, c’est long, parfois ennuyeux, complexe, mais diablement excitant et enrichissant. 

S’équiper correctement  

Comme on ne fait pas de la randonnée en basket, l’œnophilie requiert un minimum d’équipement.

Les verres

C’est certainement la partie la plus négligée par les néophytes et pourtant, c’est de loin la plus importante. Car à part boire au goulot comme un clochard, c’est bien via un verre que le vin envahira vos papilles. Or, de la qualité du verre est conditionnée ce qu’on appelle l’attaque en bouche ou le toucher. Un verre épais de style ballon de bistrot est à proscrire, le vin doit se déposer sur la langue, et non l’inonder. Il suffit de faire un test une fois équipé : prenez le même vin mais versez le dans un immonde verre ballon ou dans un verre de type Riedel ou Zalto. Vous verrez que la sensation est totalement différente. Un verre affine et exacerbe en même temps les qualités d’un bon vin. Pour se faire, nul besoin de se ruiner au début, l’achat d’un

Zalto Universal Wine Glass | The Cellar Winestore

Au fur et à mesure de vos dégustations, il sera nécessaire d’opter pour un Verres de dégustation Riedel Superleggero“>Riedel Superleggero à 100€ pièce n’amène pas une grande plus-value sinon un risque de casse élevé tant ils sont fragiles (mais beaux).

Et on arrête de boire des champagnes dans des “coupes” ou des flutes, c’est un massacre ! Un verre à vin blanc normal est plus adéquat. 

La carafe

Pourquoi une carafe ? Car au début, vous allez acheter des vins jeunes et fruités, qui auront besoin d’aération pour révéler leur bouquet. Le principe d’une carafe est simple : augmenter la surface du vin au contact de l’air pour créer un phénomène de vieillissement accéléré, notamment grâce à l’oxydation. Les amateurs chevronnés hurleront à la vue de ces lignes mais cet article n’a pas vocation à être un traité pointu de dégustation. Le besoin d’aération d’un vin varie d’une bouteille à l’autre. Certaines auront besoin de 24h, d’autres de 30min. Le plus souvent quand on ouvre la bouteille, on se sert un verre pour gouter et on jauge de la situation : si le vin est causant, pas la peine de le mettre en carafe 6h avant ; si au contraire le vin est mutique, quelques heures de carafage lui fera le plus grand bien. En moyenne j’ouvre mes bouteilles 4 à 6h avant le service et je juge de la situation au cas par cas. Mais comme j’ouvre en grande majorité des vins dits matures, de plus de 15 ans, la carafe n’est pas nécessaire, le plus souvent on épaule le vin dans la bouteille en se servant un ou 2 verres et on laisse reposer. Ici aussi, il n’y a pas de loi immuable, c’est avec l’expérience que l’on prend les bonnes décisions. Un passage en carafe peut également être salutaire pour un champagne dégorgé il y a moins de 12 mois : il affinera l’effervescence et l’acidité. 

Le tire-bouchon

Un

Comparatif des meilleurs Tire-bouchon | Sommelier Prestige

Avec des verres INAO, une carafe, et tire-bouchon limonadier vous avez votre starter pack à moins de 60€. 

Quel vin choisir ? Et où aller ? 

D’abord, soyons clair : on évite les rayons de supermarché avec des vins stockés à la verticale sous des néons 12h par jour. Le plus souvent, c’est de la daube de négoce achetée en quantité énorme par les centrales d’achat. Le vin, bien que d’AOC, ne sera plus que l’ombre de son terroir, car tous les millésimes doivent se ressembler et la typicité en arrière-plan pour plaire au plus grand nombre. Néanmoins, force est de reconnaître que les hypermarchés ont fait d’énormes progrès, se dotant de cave à vin avec du personnel et de belles références. Idéalement, on va chez le caviste pour choisir sa bouteille comme on va chez le boucher pour choisir sa viande. Et quand on parle de caviste, on évite les franchises Nicolas dont le catalogue est à peine mieux que le rayon de chez Monoprix. 

Un bon caviste goûte et choisit ce qu’il vend. Il ne faut pas avoir peur d’avouer sa totale méconnaissance, il n’y a rien d’infamant, on ne naît pas avec une carte des climats bourguignons inscrite dans la tête. 

Pour un budget de 20€ chez un bon caviste on a déjà de quoi se faire plaisir et découvrir du bon. 20€, c’est le prix d’un pack de 40 Kronenbourg de gros pichard, il s’agirait de grandir. Un beau gamay du Beaujolais avec un fruit explosif, un Rhône un peu plus confituré ou une côte de Ventoux plus typée, voilà tous des vins à moins de 20€. Il est également tout à fait possible d’aller vers des appellations plus huppées comme Saint Emilion ou un Bourgogne générique pour ce prix. Des noms ? Une cote du Rhône de chez Perrin se trouve à moins de 10€, un Morgon de chez Foillard à 15€, une côte de Ventoux Fondrêche à 19€, un Savigny les Beaune de chez Girardin à 20€… On parle ici de domaines respectables et respectés. Pour un champagne, il faudra compter 25€ pour avoir quelque chose de correct même si la pandémie tire dernièrement les prix vers le bas. 

Du coté des blancs on commencera par la Loire ou l’Alsace, beaucoup plus abordable financièrement et gustativement, que le chardonnay des aristocrates bourguignons. 

Dans un premier temps, la France offre suffisamment de variété et d’excellence dans ses terroirs et ses domaines. Mais après quelques temps, on peut se tourner vers l’Italie avec de beaux Chianti ou Barbera d’Alba, la Sicile, l’Espagne avec Rioja et Ribero del Duero, l’Australie, l’Afrique du Sud, le Chili ou le Californie finiront de vous convaincre que les Français ne sont pas les seuls à savoir faire du vin, cessons d’être chauvin sur ce point !

Il est regrettable que de nos jours de plus en plus d’Asiatiques s’approprient ce breuvage alors qu’en parallèle, le vin est vécu comme quelque chose de ringard par les jeunes générations européennes. Déguster doit être un moment de plaisir et de partage; cela doit se faire naturellement, avec son propre référentiel et ses propres envies du moment. Nul besoin d’écouter des agrégés de français has been parler d’arômes de kumquats de Malaisie pour se forger un palais et se constituer une cave. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Previous Post

La Métaphysique du Sexe selon Ayn Rand