Hérédité du QI, Consensus scientifique et Principe de précaution, une arnaque en deux actes

On observe, sur la question de différence de QI entre les populations, un argument récurrent intimant à un seul côté de se taire sous prétexte que “la science est très loin d’avoir atteint un consensus”. Justement ! lorsque la science n’a pas trouvé de consensus, cela signifie que nous avons besoin d’encourager la recherche, encourager les points de vue et se donner les moyens de les valider / invalider.

Alors un deuxième argument pointera le bout de son nez, “le principe de précaution” face à la dangerosité de telles connaissances. Mais qu’est-ce que le principe de précaution en réalité sinon le garde fou de la religion humaniste qu’elle soit aussi bien libérale que socialiste ? Vous pouvez raconter à peu près tout et n’importe quoi, personne ne vous en tiendra rigueur tant que les propos ne vont pas à l’encontre de cette vache sacrée. Vous pouvez être un influenceur à 100,000 followers de la Terre Plate, personne n’appellera à votre licenciement, vous pouvez mettre en avant toutes sortes de théories farfelues et continuer à avoir votre show sur Netflix, mais aventurez vous à publier une étude dans un journal confidentiel allant à l’encontre des dogmes en présence, notamment sur le QI et son hérédité et vous vous exposerez aux plus graves conséquences. En revanche il ne se trouvera personne pour en appeler au principe de précaution quant à savoir s’il est bon ou non d’accueillir toujours plus d’immigrés. Il ne s’applique plus, c’est nécessairement une bonne chose puisque cela respecte les droits de l’homme.

À l’heure actuelle, il semble que nous soyons dans une situation où, d’un côté, une poignée de personnes mènent des études et écrivent des livres plus que provisoires, mais se font universellement décrier jusqu’à en perdre leur emploi, voire se faire attaquer physiquement pour cela, et de l’autre côté, des milliers de personnes ont écrit des livres, ont dit qu’ils étaient absolument certains d’avoir raison, ont dit que tous ceux qui ne sont pas d’accord avec eux sont des mauvaises personnes et méritent peut-être d’être exclus de la société, et ont obtenu 100% des politiques reposant sur leurs idées. Les gens disent alors que le premier côté est mauvais et faux parce que “la science n’a pas trouvé de consensus” donc ils ne devraient pas faire d’hypothèses par “principe de précaution”.

De plus, je pense que dire «c’est socialement dangereux» est fait dans une exigence de rigueur suspicieusement isolée. D’autres choses ont témoigné de leur dangerosité sans que cela n’appelle chez ces mêmes personnes une condamnation, comme le communisme par exemple. Devrions-nous interdire tous les livres disant que l’inégalité des revenus existe, ou qu’il y a une chance que les riches exploitent les pauvres de quelque manière que ce soit, car les affirmations à cet effet s’avèrent souvent exagérées et la science n’est toujours pas réglée sur le point de savoir si Piketty a raison ? Au début du 20e siècle, les Indiens et les aborigènes ont été saisis des bras de leurs parents et donnés à des familles blanches pour adoption parce que nous étions si sûrs que l’hypothèse du nurture était correcte que nous pensions que cela les assimilerait dans la société occidentale. Devrions-nous alors interdire à quiconque de parler de l’impact de l’éducation parentale sur le développement des enfants ? D’une manière ou d’une autre, ce genre d’argument de «croyance dangereuse» ne se pose que concernant la génétique et le QI, même si c’est littéralement l’opinion la moins populaire à l’heure actuelle, loin derrière toute autre forme de danger allant du communisme aux programmes autoritaires de développement de l’enfant pour s’élever par soi-même. Ces derniers conservent des dizaines de fois plus de partisans que tout héréditaire.

Je suis d’accord que des gens comme Nicholas Wade ont pu formuler des idées un peu à l’emporte pièce (bien que je pense surtout que c’était parce qu’il ne voulait pas, quant à lui, parler de QI, et s’est désespérément débattu pour trouver des exemples supposés sans controverse, et la plupart du temps il a échoué). Je conviens que tout le monde devrait être très prudent à tout moment sur la justesse des propos énoncés. Mais cet impératif doit s’appliquer dès deux côtés. La plupart du temps, quand je vois des gens en parler, l’option de la «construction sociale» est préférée à l’héréditiarinisme alors qu’il me semble que nous disposons de suffisamment d’études à large échelle qui la réfutent efficacement. Je pense que les affirmations selon lesquelles «les motivations de la droite héréditaire sont suspectes» sont, encore une fois, des exigences de rigueur isolées. Il semble provenir de ce paradigme voulant que “le racisme est une force maligne qui fonctionne complètement différemment de toute autre forme de pensée”. Quand un économiste dit qu’il semble que l’éducation peut aider à combattre la pauvreté, nous ne vérifions pas son bilan de vote et ne disons pas “Aha ! Il a voté à gauche ! Les gauchistes aiment toujours l’éducation ! Cela signifie que ses motivations sont suspectes !”. Non, soit nous supposons que sa croyance en l’éducation l’a amenée à devenir démocrate, soit nous notons que personne n’est parfaitement impartial mais que nous devons faire de notre mieux. Il y a cette chose étrange où les gauchistes croient que leurs positions sont au-dessus de tout reproche, mais que celles des gens de droite sont manifestement juste biaisées par l’idéologie.

Aussi, tout le monde utilise toujours l’argument de la craniométrie, la confondant avec la phrénologie, pour dire “regarde à quel point ce débat était terrible”, mais pour autant que je sache, la plupart des choses que les gens ont dit à propos de la forme du crâne (la capacité crânienne est en corrélation avec l’intelligence, donc le QI) est fondamentalement toujours acceptée comme étant juste. La principale démystification supposée étant en fait désormais reconnue comme un cas classique de faute professionnelle scientifique. De toute évidence, cela ne peut pas prouver directement la causalité, mais, si on ne peut pas prouver la causalité, ce n’était pas une faute scientifique de remarquer une corrélation qui existait pour autant.

On a tendance à dénoncer les tenants de l’hérédité comme des conservateurs s’opposant au progrès. Si je n’aime pas le conservatisme, il s’agirait de bien définir qui le pratique ici en l’occurrence. Il apparaît clairement que ce sont les personnes se disant progressistes qui tentent de sceller un débat afin de conserver leur mythe. Être vraiment libéral, c’est vouloir favoriser l’expression et la confrontation des idées, pas par simple plaisir de la confrontation mais afin de se donner les outils pour identifier qui est le plus exact. C’est savoir reconnaître le conservatisme là où il est et le dénoncer pour ce qu’il est.

Ainsi, un gouvernement comme celui de Singapour, considéré à juste titre comme conservateur par bien des côtés, s’est vu devenir infiniment plus progressiste sous l’impulsion de Lee Khuan Yew qui avait bien cerné le danger auquel pouvait mener une interprétation erronée des différences de QI observées et à choisi un autre type de “principe de précaution” qui consiste à prendre des décisions politiques admettant la probabilité que le postulat héréditérien soit vrai afin de ne pas gaspiller l’argent public et ne pas nourrir de faux espoirs.

Ce sont (les différences d’intelligence/QI liées à la génétique) des réalités qui, si vous les ignorez, vont mener à la frustration car vous allez dépenser votre argent sur des fausses suppositions qui n’offriront aucun résultat. […] Supposons que nous ayons caché la vérité et adopté l’approche américaine proclamant que tous les hommes sont égaux. Alors ils (les moins capables ou moins aisés) demanderaient des résultats égaux. Et lorsque les résultats ne sont pas égaux, ils demanderaient plus d’égalité de traitement

Lee Khuan Yew
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