NRx et l’archéofuturisme : des pensées jumelles ?

Lorsqu’on les regarde de loin, la pensée de Guillaume Faye, dépeinte dans l’Archéofuturisme, et celle de Curtis Yarvin et de Nick Land, nommée NRx, développée au fil d’articles, peuvent sembler convergentes. Il semble pourtant que les deux n’aient jamais cultivé de correspondance. Quand on y regarde de plus près, des différences évidentes apparaissent entre une pensée qui a pris pour point de départ les thèses d’une Nouvelle Droite traditionaliste, sur laquelle s’est greffé le futurisme, et l’autre reposant sur des bases libertariennes et cybernétiques qui ont muté vers une forme autoritaire.

Note sur l’Archéofuturisme

Guillaume Faye choisit la référence à archaïque non pas pour signifier un regard en arrière mais, en se référant à sa racine grecque arkhè, pour mettre en avant “l’impulsion de départ”, “ce qui crée et ne change pas” et une notion d’ordre car l’arkhè est aussi le chef. Il est pour Anaxymandre le “commencement” et chez Aristote la “cause de toute chose”, le “moteur premier”. Faye en appelle alors à ce que l’archaïsme vienne tempérer le futurisme. Il a là aussi en partie raison. Le futurisme ne doit pas être tempéré mais avoir un pourquoi clair qui est commandé par l’arkhè. Faye échoue à cerner que l’information est l’être et que l’accomplissement de cette métaphysique passe par la technique dont l’essence est de dévoiler l’être des choses, la vérité, l’aléthéia. Ainsi il peine à atteindre les buts qu’il se donne malgré le fait que le nom d’archéofuturisme est excellent en cela qu’il symbolise bien une image de l’être et du devenir, de l’arkhé et du futur.

Cette découverte de la notion d’information commandera explicitement l’épistémè après la Seconde Guerre mondiale ‒ positivement, comme dans le cas des « sciences de la cognition », négativement, comme lorsque Heidegger énonce le primat de la cybernétique comme accomplissement de la métaphysique.

Bernard Stiegler, La technique et le temps. La faute d’Épiméthée

Nous nous trouvons de nouveau dans l’une de ces périodes prodigieuses de progrès scientifique – semblable d’une certaine manière à celle des présocratiques, auxquels nous sommes redevables de la formulation claire et précise de nos problèmes physiques et, partant, épistémologiques. Quiconque a eu la chance de pouvoir écouter Wiener, von Neumann, Rosenblueth et Pitts débattre des problèmes afférents à ces machines à calculer modernes, douées de savoir et de volonté, aura eu l’étrange impression d’avoir assisté à un colloque antique.

Warren McCulloch, « Through the Den of the Metaphysician »

En place de cette question métaphysique, la vision de Faye se veut être bien plus un retour à une praxis conservatrice mêlée aux technologies d’aujourd’hui. Comment ? Par un retour à une société organisée spirituellement avec une caste de prêtres qui auront pour tâche la transmission de la tradition, des hiérarchies sociales visibles, le culte des ancêtres, des rites d’initiation, le retour des mariages arrangés choisis par la communauté, la fin de la confusion entre érotisme et conjugalité, des privilèges pour une caste de guerriers, des droits reposant sur des devoirs afin de donner aux gens un sens des responsabilités, une conception du peuple comme communauté de destin plutôt que comme atomes indifférenciés.

Il faut chercher les principes qui permettent de rester adaptés à un environnement que l’on change perpétuellement nous-même via la technique durant notre lutte contre l’entropie. Cela pourra passer parfois par un retour à certaines pratiques conservatrices, mais elles devront toujours être évaluées à l’aune de l’augmentation de notre néguentropie et non sur une base subjective comme le fait Faye. C’est une impasse car les mœurs évoluent afin de s’adapter aux nouveaux défis d’un environnement changeant sous le progrès technologique. Si on doit associer une métaphysique archaïque au progrès technologique, il est moins sûr que lui associer une pratique archaïque soit nécessairement bénéfique.

Nous sommes les esclaves de nos moyens techniques : nous ne pouvons pas plus retourner vivre dans une ferme du New Hampshire — en ayant comme seuls moyens de vie ceux que nous pourrions en tirer, comme on le faisait vers 1800 — que nous ne pouvons augmenter notre taille d’une coudée, ou, cela sera ici plus approprié, la diminuer d’autant. Nous avons modifié si radicalement notre milieu que nous devons nous modifier nous-mêmes pour vivre à l’échelle de ce nouvel environnement. Nous ne pourrions plus vivre dans le monde passé. Le progrès nous apporte des horizons nouveaux, mais aussi de nouvelles contraintes. On dirait presque que le progrès lui-même, et notre combat contre l’entropie, s’avèrent précisément former peu à peu la pente face à laquelle nous essayons de fuir.

Norbert Wiener, Cybernétique et société

Faye veut réconcilier Évola et Marinneti (le traditionalisme et le futurisme) mais cela a déjà été réalisé. Il y a un homme qui avait réconcilié Évola et Marinetti de leur vivant… Mussolini ! puisque les deux confessaient une attirance pour le fascisme assumée.

Faye met l’accent sur l’écologie mais il propose comme solution de garder jalousement la technologie en Occident afin de réduire son impact sur la planète. C’est un triste aveu, car cela signifie qu’il voit la technologie comme un danger pour la planète alors même qu’elle est la solution, partout. Ce faisant, il avoue à demi-mots que sa vision du monde est plus archaïque que futuriste.

D’un point de vue purement politique, la vision de Faye de l’eurosibérie tournant le dos aux USA et ses penchants anti-capitalistes m’apparaissent comme un reste de Nouvelle Droite douguinienne. Si vous voulez aller sur Mars sans le capitalisme, bon courage. Aussi, la Russie impérialiste veut l’Europe a sa botte. Par chance ils n’en ont pas les moyens.

Note sur NRx

De l’autre côté de l’Atlantique, dans la Silicon Valley capitaliste, est né le mouvement appelé NRx, pour Néoréaction, sous la plume de Curtis Yarvin – écrivant à l’époque sous le pseudo de Mencius Moldbug – avant que cette pensée soit parachevée par Nick Land outre-Manche. Il faut toutefois noter que si Land s’appuie sur les textes de Yarvin, la réciproque n’est pas vraie puisque ce dernier n’a jamais commenté ou ne serait-ce que mentionné Nick Land, à ma connaissance. De la même façon qu’avec l’archéofuturisme on retrouve ici une volonté de concilier une aspiration à la fois à la réaction et au futurisme.

Le fondement de la pensée de Curtis Yarvin réside dans une vision du monde voyant la modernité comme une époque démocratique allant toujours de plus en plus à gauche. Grand amateur d’histoire, il prendra régulièrement le contre pied des discours “officiels” sur certains événements et en particulier celui de la guerre de sécession. Se revendiquant volontairement réactionnaire, il n’en faudra évidemment pas plus pour le voir qualifier de fasciste. Alors même qu’il est plutôt clair sur la vision qu’il a de ce mouvement.

Voici ma perception du fascisme : c’était un mouvement réactionnaire qui combinait les pires idées de l’ancien régime, la pire politique des démocrates et les pires tyrannies des bolcheviks. Et quel a été le résultat ? Il a disparu tout autant que les Borboni. Pour un réactionnaire, le fascisme est plus ou moins un bref cours sur ce qu’il ne faut pas faire.

Curtis Yarvin

Pour lui la solution serait un néocaméralisme qui porterait un monarque à la tête de l’État. Parmi les concepts phares, on notera également l’idée de Red pill, qui est le fait d’adopter cette nouvelle vision de l’histoire qu’il profère, mais aussi le concept de Cathédrale, qui est le sobriquet qu’il donne au système de création d’opinion reposant sur la coalition entre la classe médiatique et la classe universitaire, qui vont servir la politique progressiste.

Le néocaméralisme de Moldbug est une construction à visage de Janus. Dans un sens, il représente un retour au gouvernement monarchique, tandis que dans l’autre, il consomme le libertarisme en subsumant le gouvernement dans un mécanisme économique. Une inspiration “moldbuggienne” n’est donc pas une chose univoque. Dans la mesure où la ” néo-réaction ” désigne cette inspiration, elle fuit la téléologie de la cathédrale dans (au moins) deux directions très différentes – qui semblent assez rapidement profondément incompatibles. En l’absence d’un méta-contexte sécessionniste, dans lequel de telles différences peuvent être absorbées comme des variations socio-politiques géographiquement fragmentées, leur inconsistance brute est presque certainement insurmontable.

Nick Land, Monkey Business

C’est pourquoi une monarchie semble préférable à Yarvin car il voit dans la monarchie une institution qui a moins besoin de forger l’opinion de ses sujets qui en deviennent donc plus libres. Ce grand ensemble est parfois nommé Cthulhu en référence à un monstre Lovecraftien. Il veut votre opinion et Cthulhu always swims left. La démocratie participerait à la destruction de la culture et du gouvernement. Comme Hoppe, Nick Land met en avant que la civilisation est en premier lieu une question de préférence temporelle et qu’elle nécessite de rejeter les plaisirs immédiats pour se pencher sur les considérations futures. Une démocratie au contraire serait la négation de la civilisation en cela qu’elle favorise une préférence temporelle toujours plus immédiate.

Le néocaméralisme voit l’État comme une entreprise possédant le pays. L’État doit donc être dirigé comme une entreprise. Il est possible d’acheter des parts de l’État et chaque part donne droit à une voix au sein d’un conseil d’administration qui permet d’élire un board qui se chargera de recruter et virer les managers qui vont diriger le pays. Les clients de l’État sont ses résidents ; et comme tout business soucieux de générer du profit, l’État néocaméraliste se préoccupera de la satisfaction de ses résidents et les servira de façon efficace et non démagogique. Cela a le mérite de mettre en lumière clairement à qui appartient l’État. Il n’appartient pas à ses citoyens mais aux personnes qui investissent dedans. Comme aujourd’hui en fait, sans la fiction démocratique.

Très rapidement, Yarvin dégagera trois autres grands thèmes de prédilection sur lesquels il estime que le discours majoritaire défendu par la Cathédrale mérite réflexion : la biodiversité humaine, le système monétaire et l’écologie.

Mais à la différence de l’archéofuturisme, NRx, et surtout Nick Land, ne jette pas le bébé de la modernité avec l’eau du bain. Il comprend bien que la modernité est une explosion des moyens qui cherche un pourquoi que ce dernier va tenter de lui offrir.

Parmi les raisons d’apprécier More Right pour avoir partagé ce passage d’Evola, il y a la perspicacité qu’il offre sur un échec très spécifique et critique de la pensée. La néo-réaction est particulièrement affligée par cette condition, qui est fondamentalement identique au romantisme, ou à la forme affirmée de l’esprit de singe récalcitrant. Elle se caractérise par l’incapacité de poursuivre des lignes de recherche téléologique subtiles, qui sont au contraire réduites à une subordination idéale des moyens à des fins déjà publiées. En conséquence, l’inversion des moyens et des fins (la modernité) est simplement dénoncée comme un affront esthétique et moral, sans aucune tentative sérieuse de compréhension profonde.

Nick Land, Romantic Desilusion

Comme je l’ai indiqué, ce n’est pas la réaction pour la réaction qui m’intéresse, mais le fait que cette pensée soit portée par des techniciens de la Silicon Valley. L’importance de l’information ne leur a pas échappé. La pensée de Nick Land spécifiquement est extrêmement stimulante en cela qu’il semble bien avoir compris le lien qui uni l’entropie, la thermodynamique, l’évolution, l’intelligence, la théorie de l’information et la cybernétique.

L’idée d’intelligence, plus abstraite, s’applique bien au-delà des tests de QI, à une grande variété de systèmes naturels, techniques et institutionnels, de la biologie à la robotique, en passant par les arrangements écologiques et économiques. Dans chaque cas, l’intelligence résout les problèmes en guidant le comportement de manière à produire une extropie locale. Elle se manifeste par l’évitement des résultats probables, ce qui équivaut à la construction de l’information. La science générale de la production d’extropie (ou de la dissipation d’entropie) est la cybernétique.

Nick Land, What is intelligence

Nick Land est aussi le penseur de l’accélérationnisme qui note l’automatisation et l’accroissement d’autonomie des processus capitalistique et technologique. Loin de le défendre en tant qu’idéologie, Land se contente de rendre compte du phénomène qu’il juge inéluctable.

Être précipité par le phénomène, jusqu’à la paralysie institutionnelle terminale, c’est le phénomène. Naturellement – c’est-à-dire tout à fait inévitablement – l’espèce humaine définira cet événement terrestre ultime comme un problème. Le voir, c’est déjà dire : Nous devons faire quelque chose. Ce à quoi l’accélérationnisme ne peut que répondre : Vous le dites enfin maintenant ? Peut-être devrions-nous commencer ? Dans ses variantes plus froides, qui sont celles qui l’emportent, il a tendance à rire.

Nick Land, Quick and dirty introduction to accelerationnism

La néoréaction est l’accélérationnisme avec un pneu crevé. Décrit de manière moins figurative, c’est la reconnaissance que la tendance à l’accélération est historiquement compensée. À côté de la machine à vitesse, ou capitalisme industriel, il y a un décélérateur de plus en plus parfaitement équilibré, qui draine progressivement l’élan techno-économique dans sa propre expansion, tout en ramenant le processus dynamique à la méta-stase. Comiquement, la fabrication de ce mécanisme de freinage est proclamée comme un progrès. C’est le grand travail de la gauche. La néo-réaction surgit en la nommant (sans affection excessive) comme la Cathédrale.

Nick Land, Re-Accelerationnism

Cela en fait une pensée plus stimulante que celle de Faye, à mon sens, car elle est produite par des gens qui arrivent peu ou prou au même constats que moi et à qui la réaction s’est imposée. Des geeks libertariens convaincus par les bienfaits du capitalisme qui ont pris un virage autoritaire. C’est pour moi la pensée la plus féconde à droite et si j’étais un Américain de droite je serais néoréactionnaire. Mais je crois encore que la démocratie est possible et je n’ai pas passé le rubicon de l’autoritarisme. De plus ma pensée se distingue de la leur sous certains aspects. Par exemple, Yarvin voudrait un CEO, en guise de roi, qui soit isolationniste. Nick Land de son côté, en tant qu’Anglais anti-UE et anti-OTAN, souhaitait le Brexit et il voudrait le démantèlement de l’OTAN pour que naisse l’anglosphère. Pour lui l’OTAN n’a plus de sens car il fut créé pour se défendre contre le bloc soviétique et ce dernier n’existe plus. Je crois qu’on peut dire qu’il a encore du sens ; en tout cas la Finlande, la Suède et l’Ukraine ne le trouvent pas obsolète.

Si le monde demain devait se résumer à choisir entre l’Anglosphère Landienne techno-futuriste néoréactionnaire et la Russie impérialiste traditionaliste Douguinienne, alors mon choix se porterait sans hésiter vers l’anglosphère, car je suis philosophiquement plus proche de Land que de Douguine. Mais moi je suis Français, Européen et Occidental. Je crois que notre destin en tant que Français et Européens n’est pas celui d’être l’arbitre entre l’anglosphère et la Russie et nous avons encore un rôle à jouer au sein de la civilisation occidentale que je chéris, et dans le monde – et au delà – qui nous est propre. Je conserve une immense sympathie pour les Anglais et je remarque qu’ils n’ont pas hésité à aller défendre l’Ukraine, donc l’Europe, contre la Russie, rapidement.

NRx tout comme l’archéofuturisme semblent écrire pour les temps futurs, ceux qui adviendront après ce que Faye appelle la convergence des catastrophes ou ce que Yarvin voit comme le chemin de la démocratie nous tirant vers toujours plus d’entropie. Nick Land va encore plus loin avec l’accélérationnisme. Il apparait pour lui que toute tentative d’enrayer ce processus ne ferait que retarder un cycle naturel qui doit arriver à son terme pour voir le prochain commencer. C’est en cela que l’accélérationnisme est perçu par certain comme une accélération volontaire de tous les problèmes que nous rencontrons. Pour Yarvin et Land, le choix se résume en ces termes, Voice ou Exit, la démocratie ou le désengagement politique.

Je ne crois pas que la lecture de l’Archéofuturisme soit capitale. En revanche, la pensée de NRx est stimulante et, même si je ne peux y souscrire entièrement, elle offre une excellente source de réflexion. Même une libérale comme Claire Lehman admet que Yarvin dresse beaucoup de constats pertinents. Il est un auteur à lire.

3 comments
  1. Le sujet n’a pas l’air très compliqué, mais il est trop dense et trop nouveau pour moi pour que je le comprenne pleinement.
    Il me faudrait engager une conversation pour approfondir tout ça, mais le format “commentaire” est inapproprié. C’est un peu frustrant.

    Je ne connais pas l’Angleterre, mais je devine que ce n’est pas si différent dans le fond.
    Ma question est : quel est la pertinence pour une personne qui est racialement consciente de penser encore le monde en termes de “nation” ?
    (j’ai cru comprendre qu’ici le sujet de l’identité n’était pas tabou)

    Sachant que la nation vient du couple “état-nation” à la base, mais il ne nous reste plus (objectivement) que l’état, la nation ayant disparu.
    Parler de France ou d’Angleterre, de démocratie avec un CEO isolationniste ??? s’isoler de quoi ?
    Ce n’est pas que je sois pour ou contre, mais que je comprends même pas de quoi vous parlez (moi qui m’intéresse, mon identité via un prisme racial).

    Je ne sais pas ce qu’a dit Faye sur la nation et l’état actuel, mais son modèle de société ( et quand je dis “société”, je parle des “miens”, et je vois le pays et son état comme étant un simple “background” dans lequel “ma” société doit s’épanouir) me parle beaucoup plus. En gros, selon moi, il s’agit de créer une “contre-société” au sein du pays, organisée à la manière de Faye.
    Personnellement, “la France”, “l’occident”, ne signifie plus rien pour mon identité. Vous pourriez remplacer ces 2 mots par “humanité” que ce serait pareil.

    Pour le dire de manière laconique : je ne suis plus Français. Le peuple français est mort. J’ai fait mon deuil. Pour moi c’est une “réalité objective”. Mon peuple est mort. Il ne reste que des individus de cet ancien (grand) peuple. Individus qui doivent se reconstituer une identité s’ils veulent rester humain. Sinon, ils peuvent tenter l’aventure cyborg, mais en ce qui me concerne, je pense que le potentiel humain n’a pas été assez exploité/dévoilé pour ça. L’humain est un trans-animal qui n’a pas terminé sa mue. Bref … je m’égare.

    Je redis mon point de vue : l’état français existe. Le peuple français non. Bien sûr il y a encore beaucoup de monde qui s’en réclame (je ne suis pas fou) et donc, je comprends bien qu’on puisse me rétorquer : mais si au contraire, il y a plein de “français”. Mais pour moi, la “balle a été tirée”, la mort du peuple français est inéluctable (horizon fin du siècle, ce sera effectif dans les institutions à mon avis) vu l’inertie d’une société, voire d’une civilisation.
    “Français” n’est plus un concept pertinent pour transmettre ses gènes et une culture digne de porter ce nom.
    J’ai conscience d’être radical.
    Mais du coup ça me rapproche de Faye, plus que de Land. (si j’ai bien compris Land)

    1. “Parler de France ou d’Angleterre, de démocratie avec un CEO isolationniste ??? s’isoler de quoi ?” Yarvin propose dans Patchwork un modèle fait d’une multitude de petits états gérés comme des compagnies avec les résidents comme clients. Ainsi on vote avec ses pieds, si on n’est pas satisfait on s’en va.

      Land n’hésites pas à aller sur le terrain de la race, ce qui lui vaut d’être persona non=grata. L’anglosphere est pour lui justement un moyen de ne se préoccuper que des anglo-saxons (USA, Canada, Australie…).

      1. D’accord, merci.

        Ok, donc je ne suis pas le seul.

        Les micro-états-entreprises, c’est dans l’air du temps. Il y a une tentative au Vénézuella si je ne m’abuse, et quelques enclaves ici et là non réclamés par les états “officiels”.
        En Espagne aussi, un milliardaire avait réclamé une portion de territoire pour faire “sa propre loi”.

        Personnellement, je suis favorable à ce genre d’idée. Je ne suis pas certain que l’état-entreprise soit une bonne solution, mais je ne suis pas sûr du contraire non plus. Mais l’idée de les mettre en concurrence ce ne serait pas si mal après tout : plus moyen d’avoir une administration délirante et des lois pléthoriques avec un tel système, qui serait forcément plus efficace.

        Je pense que la démocratie et la liberté, ça ne peut pas exister à l’échelle des pays, mais seulement de régions (question d’échelle), qui pourraient se fédérer ensuite pour des questions militaires ou énergétiques (mettre en commun un parc de centrales nucléaires, quoiqu’avec le micro-nucléaire, on n’en aura peut-être plus besoin) ou de gestion des communs (l’accès à une mer par exemple).

        L’autre échelon qui fait sens, oui, c’est la race. Quand je vois curiosity qui atterrit sur Mars, je vois un exploit des blancs et non pas des “américains” en général. Le seul domaine ou le multiracial fonctionne plutôt bien c’est dans la recherche, mais bon … ce sont des chercheurs, ils n’ont pas besoin de faire des gosses ensemble ni d’habiter au même pour collaborer.

        Les races existent (David Reich), les stéréotypes sont réels (Lee Smolin), le mélange racial diminue le capital social (Robert Putnam). Que dire de plus ?

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