De la dystopie en Amérique : A cautionnary tale

Alors que les romans de science-fiction nous fascinent avec leurs avancées technologiques exaltantes, les romans d’anticipation dystopiques nous inquiètent quant à eux avec leurs dangereux travers sociétaux faisant écho aux nôtres. Entre les lignes, nous reconnaissons çà et là des tendances embryonnaires dans notre société et nous entrevoyons la fâcheuse tangente que celles-ci pourraient prendre.   

Ces romans jouent les canaris dans la mine. Au premier chef, ils nous mettent en garde contre les risques de l’égalitarisme, de l’atomisation et du contrôle, soit-il exercé par la force comme chez Orwell ou par une quête hédonique insipide telle qu’exposée dans A Brave New World. Toutefois, la véritable leçon à tirer de ce genre littéraire repose dans la question qui s’impose irrépressiblement dans notre esprit dès qu’on entame notre lecture et qui nous colle ensuite à la peau : comment une société peut-elle en arriver là ? Et, en corollaire : comment éviter d’y parvenir ? 

À l’heure où j’écris ces lignes, une frange non négligeable de nos populations occidentales s’avoue déjà fermement convaincue de vivre dans une dystopie en puissance. Ce groupuscule, qui n’en est pas un, porte plusieurs noms. De notre côté de l’Atlantique, les médias leur ont offert différents sobriquets tous plus flatteurs les uns que les autres : antivaxx, coucous, conspis, q-anonistes et, plus simplement, complotistes.  Certes, le groupe ne revêt pas de frontières définies et l’étendue du complot auquel ses membres informels croient varie grandement, mais plusieurs éléments se recoupent. En l’occurrence, ils décrient unanimement les tendances liberticides de même que les attaques frontales contre les normes, la beauté, la famille et les enfants. Plus largement, ils partagent une méfiance envers les élites et le WEF dont l’agenda vise selon eux à transformer la masse en consommateurs, insectivores, solitaires, illettrés, infertiles, asexuels, malades, drogués, qui se déplacent à pied et sont dépossédés de toute connaissance et compétence. 

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Bien que les médias ne parviennent pas à invalider toutes les craintes fondamentales des Conspis, ils discréditent facilement l’entièreté de leur discours en attaquant les messagers et certaines de leurs croyances farfelues (terre plate et compagnie).  Après tout, comme Rand l’évoque brillamment : « il est tellement plus facile de porter un jugement sur un homme que sur une idée. » Et rien ne se révèle plus pratique qu’un messager fou qu’on interne pour mieux laisser libre cours à une folie sociétale insidieuse. Ainsi, la majorité des gens ne se tracasse pas outre mesure avec certaines tendances glissantes actuelles. Le confort et l’indifférence, quoi. Pourtant, une poignée de sociologues et d’historiens courageux n’hésitent pas à comparer notre société à Weimar ou à la fin de l’Empire romain… Rien de rassurant pour la suite. Sans tomber dans la panique, il y a certainement lieu d’agir résolument pour ne pas nous réveiller dans un monde dont nous ne pourrons plus nous extirper.  Certes, l’Européen moyen peut se leurrer, se dire qu’après tout, ce délire américain ne le guette pas, qu’il peut encore, de son côté de l’Atlantique, échapper à ces écueils en se réfugiant dans la neutralité réconfortante d’un centrisme raisonnable. Néanmoins, Rand nous rappelle à juste titre qu’« il y a deux côtés à chaque problème : un côté a raison et l’autre et faux, mais le milieu est toujours mauvais. »  Par ailleurs, le fait qu’un magazine comme RAGE dont la double mission inoffensive consiste à porter le feu prométhéen et à redonner l’amour de la civilisation occidentale doive impérativement s’écrire sous le couvert de l’anonymat devrait suffire à sonner l’alarme. Qui ne dit mot consent, comme l’expose le vieil adage. Et comme l’exprime si bien Aron : « le choix en politique n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable et le détestable. »

Quoi de mieux pour mener une guérilla antidystopique que d’adopter ironiquement les tactiques infantilisantes qui sont monnaie courante de nos jours, et ce, dans le but avoué de ridiculiser le refus du monde adulte qu’exhibent nos sociétés adulatrices de Peter Pan. Je vous propose donc un texte qui tranche un tant soit peu avec le florilège de billets publiés sur votre plateforme, un texte qui s’écarte des grands questionnements intellectuels qui vous animent et nous passionnent, mais simplement dans le but d’assurer leur pérennité. Aux USA, cette pérennité est déjà compromise. Les militants américains voient leurs rangs et leur emprise grandir chaque jour. Ceux-ci s’emploient activement à démembrer, décoloniser et déconstruire la société, brique par brique. La cancel culture règne et les têtes roulent. La méritocratie a cédé la place à la « discrimination positive ». Les universités peinent à accomplir leur mission. La culture occidentale est rejetée en bloc. Et si la situation ne préoccupe pas encore autant en Europe, ce n’est qu’une question de temps avant que ces concepts qui se répandent comme un virus ne contaminent le vieux continent. Voici donc un « petit guide pratique » qui oppose aux 3D du virus culturel, les 4 R de la résistance anti-dystopie.  

Responsabiliser

De nos jours, les autorités cherchent souvent à faire porter à la masse l’odieux des problèmes auxquels nous faisons collectivement face. Le clin d’œil aux 3R de la cause environnementale n’est d’ailleurs pas anodin.  La prémisse est simple : l’addition de petits changements fait une grande différence. Dans cette optique, l’individu détient les moyens d’agir et la culpabilité lui incombe s’il n’opère pas les changements draconiens qui s’imposent.  Pendant ce temps, les grandes entreprises et les gouvernements se cachent derrière ce prétexte pour justifier leur refus obstiné d’obtempérer.  Les tenants de la nouvelle religion environnementaliste s’offusquent de ces tactiques hypocrites exhibées par les gouvernements et les entreprises. Les écologistes utilisent cette frustration avec agilité pour réitérer sans compromis l’appel à la responsabilisation individuelle vertueuse et au mimétisme social qui en découle. Il en va de même pour les tenants de la nouvelle religion Woke qui ont habilement dicté des changements ostentatoires de langage et d’écriture. Soudain, un individu se dit autrice d’un livre et cela nous révèle en un mot toute sa vision du monde. Ces changements individuels font boule de neige. Puis, nos avides entreprises capitalistes récupèrent toute cette vertu afin de mieux nous vendre « des quantités de choses qui donnent envie d’autres choses ». Nos institutions embarquent également dans le train avec un enthousiasme débridé. Elles tentent de redorer leur blason en adoptant tous les codes de vie prescrits par les militants. Dégoûtés et saoulés par cet étalage dégoulinant de vertu réservé à des gens qui ont le luxe et le temps de s’y adonner, les individus moyens se sont résolus à ignorer ces sempiternels appels à la responsabilisation.

À quoi bon recycler quand le contenu de mon bac est envoyé à l’étranger pour être enfoui ? À quoi bon acheter un véhicule électrique si on ne me permet pas de le charger par souci de sobriété ? À quoi bon me dépasser si j’appartiens à une catégorie d’individu qui ne figure pas sur la liste VIP de la discrimination positive ?

La nouvelle religion écolo-Woke est en train de convaincre plusieurs personnes d’abdiquer sur tous les fronts. Or, s’il est une chose qu’elle a réussi à mettre en lumière, c’est justement toute la valeur que peut revêtir l’action individuelle et par la bande, toute la force de la responsabilisation. C’est d’ailleurs un message que certains intervenants populaires se plaisent à répéter. À preuve, Jordan Peterson doit en grande partie sa notoriété internationale à ses messages de responsabilisation du type « range ta chambre ». Il martèle un message limpide : chaque individu doit viser à augmenter peu à peu son niveau de responsabilisation. À l’image de cercles concentriques, l’individu accroît ainsi la portée de ses responsabilités. Il commence par prendre soin de lui-même convenablement en priorisant la santé du corps et de l’esprit. Ensuite, il s’occupe de son environnement immédiat, il embellit sa chambre puis son foyer. Enfin, au fur et à mesure qu’il maîtrise ces tâches de base, il peut se tourner vers l’extérieur, s’engager dans une relation, mettre des enfants au monde, s’impliquer dans sa communauté, etc. Dans cette optique, la responsabilisation sert d’abord l’individu, mais finit par avoir des retombées positives sur l’ensemble de la société. Ici, la fin ultime est d’extirper un individu à la fois de sa dépendance face à l’État et, à mesure que ses devoirs se cumulent, d’accroître d’un cran le sens que revêt son existence. Plutôt que de servir Gaia ou les droits d’extrêmes minorités, l’individu se sert lui-même et acquiert par le fait même la force de servir son clan, sa patrie, sa civilisation. Par ailleurs, nous condamner sur l’autel de la Terre-Mère au nom d’un antihumanisme à peine voilé apparaît nettement moins constructif que de prendre nos responsabilités face à notre monde comme nous prenons soin de notre foyer. La responsabilité individuelle peut nous mener loin. Nous aurions tort de lui tourner le dos. 

Reconstruire

Beaucoup d’énergie a été consacrée à déconstruire toutes sortes de choses ces derniers temps. Déconstruire les stéréotypes, les normes, les genres, le mariage, la famille, l’art, l’école, les institutions. Tout est passé dans le tordeur de la déconstruction. Tant et si bien que d’aucuns considèrent que nous évoluons désormais dans un champ de ruines. Cela dit, les blocs épars gisent autour de nous. Et l’une des façons les plus subversive et efficace de lutter contre la dystopisation rampante constitue sans doute de s’atteler à la Grande Reconstruction

De prime abord, la binarité doit être rétablie. Le féminin et le masculin constituent des forces opposées et complémentaires qui se nourrissent. Le féminisme anti-homme et son contrecoup misogyne se révèlent nettement plus délétères que l’éthos du chevalier et de la demoiselle que nous tentons si farouchement de détruire. En outre, l’obfuscation sexuelle croissante crée davantage de mal-être qu’elle n’en élimine. Il y a longtemps que le projet s’est divorcé de la volonté louable de ne pas enfermer un individu dans des stéréotypes et de reconnaître l’existence d’un spectre sur l’échelle binaire. Le but avoué de l’entreprise semble désormais de profiter de la confusion identitaire normale dans le développement des enfants pour créer de toute pièce des catégories et déconstruire activement des normes établies. La lutte contre la masculinité, de facto toxique, constitue un exemple probant, tout comme la ringardisation de tout ce qui était jadis considéré comme un idéal féminin. Nier les différences entre les sexes tout en les affirmant à grands coups de bistouris sur des jeunes revêt un caractère dystopique difficile à réfuter.

Certes, les gens normaux d’un certain âge n’achètent pas du tout cette déconstruction, ils se disent tout bas que le roi est nu. Rappelons-nous cependant que dans Les habits de l’empereur, c’est un enfant qui a le courage de dire tout haut ce qu’aucun adulte n’ose affirmer. Or, à ce chapitre, la situation qui prévaut en Amérique devrait inquiéter le reste du monde. En effet, de notre côté de l’Atlantique, plusieurs enseignants-militants tentent activement de déconstruire dès la tendre enfance, de veiller à ce que le gros bon sens enfantin ne puisse jamais émerger et couper ainsi l’herbe sous le pied à leur agenda.  

La suite logique de la déconstruction du genre est la déconstruction du mariage et de sa mission, le fait de fonder une famille. Tous les bons romans dystopiques décrivent des sociétés dans lesquelles le couple et la famille battent de l’aile ou sont carrément annihilés. À cet égard, les statistiques et les tendances démographiques récentes devraient nous préoccuper. De plus en plus de jeunes s’avouent célibataires, le mariage est boudé et le nombre d’enfants par femme ne cesse de décliner. Elon Musk ne manque d’ailleurs aucune occasion de rappeler son inquiétude à ce sujet.

Quiconque caresse l’idéal du progrès occidental comme lui devrait partager cet avis. Or, c’est le message inverse qui est véhiculé par les médias de masse. Les articles de journaux et de magazines se multiplient pour prévenir les jeunes femmes que la prétendue urgence climatique n’aurait pas encore convaincues que la maternité ne leur léguera au fond qu’un être parasitique, mais surtout des maux de tête et des regrets. La prolifération des mouvements de type NOKIDS et childfree en atteste. Là encore, il y a longtemps que le message a dépassé l’injonction de respecter le choix des femmes qui ne désirent pas d’enfant. Le message est désormais : femmes, vous serez esclave de votre mari et de vos enfants, vous seriez donc mieux de vous contenter d’être l’esclave « heureuse  » de votre emploi et de vos faux besoins. Petite parenthèse à ce sujet sur la notion de bonheur qui guide nos existences modernes et que nous méprenons trop souvent pour une absence de souffrance. Éviter tout inconfort semble devenu l’ultime objectif de vie. Pas étonnant que le désir d’enfant diminue, car il est vrai que devenir parent n’est pas chose facile et ne constitue pas un bonheur de chaque instant. C’est pourquoi les jeunes parents rapportent beaucoup de stress et des indices de bonheur moins élevés que leurs pairs sans enfants. Ces outils s’avèrent toutefois très imparfaits. Qui plus est, les mesures de bonheur ne tiennent pas compte du sens profond que la parentalité apporte à nos existences et de la satisfaction intense qui découle de ce rôle capital et des sacrifices conscients qu’il dicte. Un parent sait pertinemment qu’il peut être à la fois exténué et béat, excédé et empli d’amour, insatisfait à un niveau et profondément satisfait à un autre niveau. En revanche, le jeune qui baigne de plus en plus longtemps dans son égocentrisme naturel et repousse toujours plus loin la maturité de l’âge adulte ne daignera bientôt plus sacrifier son propre confort pour le bien d’un autre être. C’est une erreur, car la beauté du monde se révèle souvent à travers la vulnérabilité et l’interdépendance humaine. L’amour véritable s’y loge.

De nos jours, les rencontres se voient reléguées à des applications impersonnelles, le sexe incarné est délaissé pour la porno, le mariage est assimilé à une institution vieillotte et les enfants sont associés à des boulets. Dans un tel contexte, un des gestes les plus porteurs et courageux qui soient consiste sans doute à oser s’engager réellement dans une relation et fonder une famille. Cette expression, fonder une famille, illustre d’ailleurs à quel point la famille constitue une fondation solide pour nos sociétés. C’est pourquoi nous devrions tous nous inquiéter de l’épidémie d’isolement et du déclin de la fertilité qui nous frappent de plein fouet. C’est pourquoi nous devons nous employer à Reconstruire ; un couple à fois, une famille à la fois.

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Réapproprier

Nos sociétés modernes nous ont libérés de certaines tâches grâce à l’explosion technologique. Certes, les retombées s’avèrent très largement positives. Cela dit, la fin du travail et l’émergence de la société du loisir que Toffler prédisait ne se sont pas réalisées. En outre, ce gain de liberté s’est malheureusement traduit par une certaine dépossession de compétences essentielles. L’interdépendance qui régnait à l’intérieur de la famille et entre individus d’une même société s’est transmutée vers des interdépendances plus complexes et moins palpables envers des entités moins redevables. Résultat : nous nous trouvons de plus en plus à la merci de l’état et des grandes corporations. Une forme de résistance s’incarne donc vivement dans le partage et la réappropriation des savoirs et des compétences essentiels à notre survie, à commencer par tout ce qui entoure la production, la transformation et la préparation de la nourriture. Il en va de même pour la confection et la réparation de vêtements ainsi que la construction, les réparations et les travaux manuels de base. Bref, le fait de s’engager dans une réappropriation des savoir-faire élémentaires que nos grands-parents possédaient et qui nous font aujourd’hui défaut constitue une forme de résistance sociale. Il s’agit d’une quête louable pour la plupart des gens, y compris ceux qui chantent, à juste titre, les louanges de la techno.

En plus de cette réappropriation essentielle de compétences perdues, il conviendrait également d’entamer une grande réappropriation culturelle occidentale ; une nouvelle renaissance en quelque sorte. Comme chacun le sait, aux États-Unis, la diversité culturelle est jugée bonne tant et aussi longtemps qu’elle exclut tout ce qui touche de près ou de loin au bagage culturel occidental. Notre nouveau chemin de croix collectif nous impose de nous flageller, d’accepter une culpabilité non acquise et de reconnaître que notre culture mérite d’être revue et corrigée ou, encore mieux, d’être mise au ban et enterrée. La seule célébration culturelle qui vaille est celle qui déborde du cadre occidental. La beauté est également passée dans le tordeur. Dans un tel contexte, le fait de lire ou relire les grands classiques et d’admirer la beauté des grands œuvres constitue un geste barrière antidystopique. Plus nous serons nombreux à porter et à transmettre la richesse de ce bagage culturel, plus il sera difficile de l’effacer. Toutefois, gardons-nous de nous enfermer dans une vision passéiste qui tue le mouvement.  Au contraire, utilisons le fait de renouer avec cet immense legs artistique et scientifique pour alimenter la prochaine étape de notre marche vers le progrès.

Pour ce faire, il faut également attaquer de front deux problèmes majeurs : la liberté académique menacée dans nos universités et le socioconstructivisme qui tue la quête d’excellence et compromet le développement essentiel de notre future élite, et ce, dès la tendre enfance.  Comme le rappelle à juste titre Charles Murray : « L’excellence existe, et il est temps de reconnaître et de célébrer l’inégalité magnifique qui permet à certains de nos semblables d’enrichir ainsi la vie des autres ».

Jadis moteurs de changement et lieu par excellence du développement de l’intelligence, nos institutions scolaires incarnent aujourd’hui des lieux d’infantilisation sécuritaire qui semblent tristement avoir abandonné leur mission d’éclaireuses.  

Réintégrer

Une frange importante des Américains qui se montrent lucides face au portrait plutôt sombre que je viens de dresser a tendance à échapper aux tentacules de cette dystopie de la manière la plus simple qu’il soit : en se dérobant sciemment de sa portée. Ils démissionnent, retirent leurs enfants de l’école, se désabonnent des services culturels et médiatiques, se désengagent de leurs communautés et déménagent dans un état plus en adéquation avec leurs valeurs. Dans d’autres cas, ils optent carrément pour une forme d’érémitisme où leurs contacts se limitent à leur vase clos virtuel.  Cette manière d’agir se comprend aisément puisque les Américains incarnent à merveille certains préceptes bien résumés par ces deux citations d’Ayn Rand : 

Dans une société libre, il n’est pas nécessaire de traiter avec ceux qui sont irrationnels. On est libre de les éviter.

Liberté (n.): Ne rien demander. N’attendre rien. Ne dépendre de rien.

Et ils ont raison, jusqu’à un certain point. Quand tout déraille et qu’il est impossible de faire confiance aux institutions, un être libre se voit contraint d’échapper à leur influence. Toutefois, d’aucuns avancent, à juste titre, que si tout un chacun opte pour cette forme de contestation plutôt silencieuse, que si les hommes d’esprit haussent les épaules, jamais nous ne serons en mesure de renverser la vapeur. Il y a donc un solide argument à plaider en faveur d’une réintégration des diverses cellules décisionnelles et culturelles au sein desquelles l’élite écolo-woke a le champ complètement libre à l’heure actuelle. Certes, notre temps sur terre est limité et ce genre d’implication peut s’avérer souffrant, mais il faut percevoir de tels engagements comme du travail pro bono, comme des dons à la postérité.  

Atlas doit se remettre à la tâche. 

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