Pourquoi le QI et le PIB des nations sont corrélés

Nouveau papier d’Emil Kierkegaard et George Francis qui met en avant une corrélation entre le QI moyen national et le PIB d’une nation. Pourquoi cela tombe sous le sens ?

Nous parlons ici de moyenne. Il est évident que des coups du sort de l’histoire peuvent avoir un impact sur une nation. Une nation en guerre prolongée verra son PIB chuter alors qu’elle peut avoir un QI élevé. Au contraire, une nation avec un QI moyen faible peut découvrir qu’elle est assise sur un gisement d’or noir et voir son PIB explosé. Mais quand on prend l’ensemble, en moyenne, on devrait fort logiquement s’attendre à ce que le QI moyen et le PIB soient corrélés pour la simple et bonne raison que les deux sont liés à la dissipation d’énergie.

Qu’est-ce que l’intelligence ? C’est ici que la définition de l’intelligence d’un point de vue abstrait formulée par Nick Land va nous être d’un grand secours. L’idée d’intelligence s’applique bien au-delà des tests de QI, à une grande variété de systèmes naturels, techniques et institutionnels, de la biologie à la robotique, en passant par les arrangements écologiques et économiques. Dans chaque cas, l’intelligence résout les problèmes en guidant le comportement de manière à produire une extropie locale. L’extropie est l’inverse de l’entropie. L’entropie est le degré de désordre d’un système, l’extropie est son degré d’ordre. Cela revient donc à mesurer la même chose, mais en le regardant d’un point de vue différent.

Extropie et intelligence

Extropie est un mot qui n’a pas de valeur scientifique. Le premier à l’avoir évoqué sous le nom de néguentropie fut Schrödinger. L’extropie, ou réduction locale de l’entropie, est – tout simplement – ce qui permet à quelque chose de fonctionner. C’est sa façon de s’assembler, de créer des canaux d’information de manière à la faire circuler selon le principe de moindre action. Le principe de moindre action est le principe physique selon lequel la dynamique d’une quantité physique peut se déduire à partir d’une unique grandeur, appelée action. Un système va apprendre comment assembler ses différentes parties, en créer de nouvelles, de façon à maximiser la dissipation d’énergie.

Un humain va dissiper l’énergie via son système cognitif selon le principe de moindre action. Il aura pour effet, avec le temps, de créer des canaux. De la même manière, l’eau qui s’écoule sur un terrain accidenté emprunte le chemin lui opposant le moins de résistance. L’effet au fil du temps de l’eau qui s’écoule par certains chemins crée de nouveaux ruisseaux et de nouvelles rivières plus profonds et plus larges que ceux qui existent déjà. Dans un organisme, le développement de tels canaux établit un courant par lequel d’autres stimuli similaires sont canalisés. Cela a pour effet de diminuer l’importance des informations récurrentes traitées au point qu’elles peuvent être ignorées puisque les stimuli qu’elles présentent n’ont pas d’impact différenciateur sur le milieu cognitif. Cela signifie que nous avons appris quelque chose sur le monde. Plus un organisme est complexe, plus il est intelligent. Un système s’auto-organise, en augmentant son interconnectivité.

Le but de l’apprentissage sera alors la capacité à mémoriser, et traiter des informations afin de guider le comportement le plus efficacement possible et notre système cognitif reposant sur notre système nerveux ainsi que notre cerveau sera l’appareil d’apprentissage principal, dont une grande partie repose sur l’inconscient. Alors il est évident que, si les tests de QI ne sont pas parfaits, ils mesurent toujours imparfaitement notre capacité à dissiper l’énergie.

Mais comme je l’ai dit, l’intelligence est plus générale et s’applique à tout système ordonné qu’on appelle structure dissipative selon les termes d’Ilya Prigogine. Pourquoi structure dissipative ? Car ces systèmes ont tous le même but, dissiper l’énergie. Ils diminuent leur entropie localement pour augmenter l’entropie générale. Une société humaine, donc une nation, a aussi pour but de dissiper l’énergie. Elle va donc s’organiser de manière à maximiser la dissipation d’énergie, entropie, et pour ce faire elle va chercher à maximiser la construction d’information du système, extropie. Plus un système est intelligent plus il sera ordonné et les nations ne font pas exception. Aujourd’hui, la quasi-intégralité des nations, à l’exception de Cuba et la Corée du Nord peut-être, ont rejoint le marché libre qui constitue en lui-même une autre structure dissipative. Mesurer l’intelligence moyenne d’une nation, c’est mesurer son degré d’ordre, donc sa capacité à dissiper l’énergie au sein du système capitaliste.

Mais pourquoi cette capacité à dissiper l’énergie serait directement liée au PIB ?

On a tendance, lorsqu’on parle de capital, à l’imaginer comme de l’argent. Rien n’est plus faux. L’argent fait partie de l’information. Ce dernier peut être vu comme une table de données qui va associer une valeur chiffrée à des biens et services qui sont le vrai capital. Il n’a de sens que dans le système où il prend place. Vous pouvez avoir 10 milliards de dollars sur votre compte en banque, si vous êtes sur une île déserte ne proposant aucun bien ni service, ils vous seront inutiles. L’argent va alors être une information clef facilitant l’échange des capitaux réels. La véritable richesse est la quantité d’énergie dont on dispose chaque jour, c’est-à-dire la puissance qu’on peut dissiper.

L’argent est, par conséquent, le facilitateur de notre communication et de la distribution de toutes les ressources économiques. Toute innovation et tout progrès sociétal découlent de cette communication. Il permet au système qu’est la nation d’augmenter son interconnectivité. Alors, la monnaie est de l’information et elle est même l’information la plus importante du système capitaliste puisqu’elle est une mesure de l’énergie dissipée donc de l’entropie du système. Il est alors fort logique de constater que le PIB est directement corrélé à la consommation d’énergie puisqu’il mesure le volume d’échange monétaire et que l’argent permet de faciliter l’échange d’information, en faisant ainsi un catalyseur de la dissipation d’énergie.

Le PIB mesure le degré d’échange d’information monétaire donc d’entropie, ou d’extropie selon le point de vue qu’on adopte – donc le degré d’ordre d’une nation. Evidemment, comme pour les tests de QI, le PIB ne mesure pas parfaitement l’entropie du système.

Alors pourquoi le QI moyen et le PIB per capita sont corrélés ? Car ils mesurent tous les deux imparfaitement le degré d’ordre d’un individu et d’une nation au sein du marché libre, respectivement sa capacité à dissiper l’énergie et la dissipation d’énergie effective. Sauf cas particulier, il est donc logique d’observer qu’en moyenne, le QI d’une nation est d’autant plus élevé que son PIB est important. Et c’est bien pour cela que la chute de 4 points de QI de la France devrait nous inquiéter au plus haut point.

Autre question soulevée par Adam Rutherford : pourquoi un tel papier ne fut pas publié dans un journal officiel ? Car ces journaux sont chasse gardée des midwits en ton genre Adam, ceux-là même qui empêchent la production de ce genre d’information. Il n’aurait eu aucune chance d’y être publié. Deux mystères résolus en un article aussi court. Et toi Adam, pourquoi cela fait des années que tu ne produis plus rien ? Car cela paie beaucoup plus de faire de l’idéologie pour la BBC.

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