Archiloque de Paros (1/2) – Le premier poète lyrique

On tient Archiloque pour être l’inventeur de la poésie iambique – elle l’aurait en fait précédée de plusieurs siècles d’après Andrew Ford -, faite de pieds de vers composés d’une brève et d’une longue appelée iambes (ἴαμβος). L’étymologie du mot iambus n’est pas claire, mais il ne fait aucun doute que le iambe en tant que terme métrique est secondaire et qu’à l’origine, il décrivait un type de poésie au ton amer, méprisant, licencieux, alternant entre les registres satiriques, comiques, dithyrambiques et parfois tragiques. Des vers d’Archiloque, destinés à être entendus avec un accompagnement mélodramatique à l’aulos et non lus, se dégagent un sentiment puissant de volonté d’une vie trépidante dans ses aspects les plus forts que sont l’amour et la guerre.

Plus qu’un simple mètre, l’innovation introduite par Archiloque est cette combinaison de mètres offrant une rythmique qui donnera plus tard la strophe. Il est particulièrement connu pour ses écrits satyriques et sarcastiques comme celui où il se vante d’avoir abandonné son bouclier afin de sauver sa vie. Il n’en fallait pas plus pour que certains y voient là les paroles d’un fuyard qui ne se fait que peu de mouron pour le sort de sa cité. Il n’en est rien. Loin d’être une preuve de lâcheté, le poème finit en mentionnant qu’il en retrouvera un semblable, ce qui laisse penser que sa fuite prépare un retour ; et ses vers regorgent de mots aimables envers Paros et Thasos, ses cités d’origine et d’adoption ; il est inquiet pour leurs habitants. Dans un très beau texte il montre comment il protège sa cité face à l’envahisseur de Naxos qui “piétine les champs de leurs parents”. Et la cité le lui rendit bien, puisqu’on retrouva son nom inscrit sur une stèle érigée en son honneur par Sosthénès, nommée Monumentum Archilochi, dans la ville de Paros, accompagnée d’un de ses fragments repris par l’historien Déméas mettant en avant comment les Pariens se sont imposés face aux Naxiens. Puis en 1950, on en trouva même un second.

“Un Thrace a désormais mon bouclier superbe;
Il s’en pare, Il s’en fait honneur.
Soit ! Je l’avais, contre mon gré, jeté dans l’herbe ;
Tant pis ! Je vis, j’ai le bonheur,
De respirer. Quand à l’objet, laissez moi rire ;
Grand bien fasse à qui l’a conquis !
J’en trouverais un autre et pas forcément pire.”

Archiloque, Fragment 5, Le bouclier perdu, La couronne et la lyre, Marguerite Yourcenar

“Erxias, Défenseur, comment pouvons-nous rassembler
des troupes dispersées ? Les feux de camp
soulèvent leur fumée autour de la ville.
Les flèches acérées de l’ennemi poussent
Comme des poils sur nos navires. Les morts
Se dessèchent au soleil. Les charges sont plus audacieuses,
Couteau profondément dans les lignes de Naxos.
Nous les fauchons comme des herbes hautes
Mais ils sentent à peine nos attaques.
Le peuple croira que nous acceptons
avec indifférence ces sauterelles
Qui piétinent les champs de nos parents.
Mon cœur doit parler, car la peur
et le chagrin font taire mes voisins.
Écoutez-moi, écoutez-moi. L’aide vient de Thasos,
Trop longtemps retenu par Toronaios ;
Et de Paros dans les navires rapides.
Les capitaines sont furieux, et enragent
d’attaquer dès que les auxiliaires
seront là. De la fumée s’élève au-dessus de la ville.
Envoie-nous des hommes, Erxias. Les augures
sont bons. Je sais que vous viendrez”

Archiloque, Fragments 88 & 89

Le personnage historique

Son nom ne vous dit pourtant peut-être rien si vous n’êtes pas des plus curieux de l’antiquité, mais il était considéré, par ses contemporains, comme un poète dont la renommée était égale à celle d’Homère. Il lui est aussi son opposé. Lui qui choisit de prendre le contre-pied du poème épique louant la victoire guerrière et la gloire des héros, pour délivrer une vision plus individualiste de la guerre exaltant le Moi.

Dans ses écrits il se livrera beaucoup, sur ses performances et ses déboires. Un peu trop à en croire Elien citant Critias, qui nous rapporte que notre poète ne jouissait pas nécessairement d’une réputation excellente et qu’il ne la devait qu’à lui-même et ses écrits.

“Critias reproche à Archiloque d’avoir fort mal parlé de lui-même. S’il n’avait pas, dit-il, répandu en Grèce de pareils bruits sur sa personne, nous ne saurions pas qu’il était fils de l’esclave Enipo, ni que des embarras et des besoins d’argent lui avaient fait quitter Paros pour se rendre à Thasos, ni que, parvenu dans cette île, il s’y était fait beaucoup d’ennemis, poursuivant de ses méchants propos indifféremment amis ou ennemis. En outre, continue Critias, nous ne saurions pas, s’il ne nous l’avait dit lui même, qu’il était adultère, débauché, lubrique et, ce qui est le comble de la honte, qu’il avait jeté son bouclier.”

Citation d’Elien reprise dans l’ouvrage Archiloque, sa vie et ses poésies, Amédée Hauvette

Mais est-ce qu’Archiloque se livre vraiment sur sa vie ? Quelle est la place du je dans ses écrits ? Quelle est la nature du Moi utilisé ici ? A-t-on affaire à un art “subjectif” – que Nietzsche tient pour du non-art – ou “objectif” ? C’est une question que s’est également posée, en 1872, en ces termes, le jeune Nietzsche dans Naissance de la Tragédie, en ne disposant pas de la totalité des fragments qu’on possède aujourd’hui.

“C’est pourquoi notre esthétique doit d’abord résoudre le problème de la possibilité du « lyrique » en tant qu’artiste : le « lyrique », d’après l’expérience de tous les temps, disant toujours « je » et vocalisant devant nous toute la gamme chromatique de ses passions et de ses désirs. Et justement cet Archiloque, à côté d’Homère, nous épouvante par le cri de sa haine et de son mépris insultant, par les explosions délirantes de ses appétits ; n’est-il pas, lui, le premier artiste subjectif, par cela même le véritable non-artiste ?”

Nietzsche, Naissance de la Tragédie

Afin d’y répondre, il nous faut d’abord comprendre dans quelles circonstances Archiloque avait-il exercé cette verve mordante qui lui valut, comme le dit Pindare, “d’être jeté toute sa vie dans la misère et l’embarras” ? On ne sait pas grand chose de lui, mais on devine qu’il est né vers le VIIème siècle avant Jésus Christ, en se référant à quelques faits qu’il mentionne. Premièrement, il fait état d’une éclipse totale dans le fragment 122 n’ayant pu avoir lieu que le 6 Avril -648 vers Thasos, ville qu’il a habitée. Raisonnement fragile, Archiloque pouvant parler d’une éclipse qu’il n’a pas vécu.

“Rien ne doit être inattendu, ni prétendument impossible, ni source d’émerveillement, maintenant que Zeus, père des Olympiens, a fait apparaître la nuit en plein jour, cachant la lumière du soleil resplendissant, et qu’une peur moite s’est emparée des gens. Désormais, les hommes peuvent tout croire et tout attendre ; que personne ne s’étonne plus de ce qu’il voit, pas même si les animaux sauvages échangent leur pâturage saumâtre contre les vagues fracassantes des dauphins et que la mer devienne plus chère que la terre aux premiers et la montagne boisée plus chère aux seconds…”

Archiloque, fragment 122

Mais un second point de repère vient nous éclairer un peu plus. Il fait référence dans certains fragments au roi de Lydie Gygès, qui précéda le fameux Crésus et s’empara du trône vers -680 en tuant le non moins tristement célèbre Candaule, lui prenant ainsi sa femme et la royauté. Enfin Cornélius Neppo écrira qu’Archiloque était déjà célèbre sous le règne de Tullus Hostilius, soit entre -671 et -640.

La poésie d’Archiloque

Venons-en à ses vers iambiques, dont on le tient pour l’inventeur, qui furent récités de source sûre par les rhapsodes, dont Simonide de Zacynthe, à égalité avec Homère et Hésiode. Platon nous rapportera d’ailleurs, dans le dialogue Ion, que Socrate s’enquit un jour de la question suivante à un Rhapsode : “Est-ce donc sur Homère seul que s’exerce ton art, ou bien aussi sur Hésiode et Archiloque ?“. Tradition grecque oblige, il vante la chanson des Muses et l’amour du banquet – sa poésie était déclamée pendant les symposiums, ou sumposions en grec, qui veut dire littéralement “Réunion de buveurs” – , mais on trouve aussi à son répertoire des chansons érotiques, des hymnes aux dieux, des satires et des élégies. Ses vers se veulent réalistes, parlant sans détour de nourriture, de sexualité et de la guerre, parfois en termes très crus.

La guerre : ce mercenaire autoproclamé l’a bien connue. Né à Paros de l’union de l’aristocrate Télésiclès avec une esclave nommée Enipô – signifiant “Blâme” -, arrière petit fils supposé de Tellis d’après Pausanias, il s’engage dans la colonisation de Thasos aux côtés de son père dans un premier temps, puis d’une ville en Thrace par la suite.

“On m’appellera mercenaire comme un Carien”

Archiloque, Fragment 216
Carte Grèce orientale et Asie, La Thrace étant la partie continentale tout au nord

Aussi bien soldat que poète, comme il le met en avant dans son premier fragment, la légende voudrait qu’à l’âge de sept ans il ait volé une vache et essayé de la vendre au nom de son père. À la nuit tombée, il aurait rencontré de jeunes et jolies femmes qui se seraient d’abord moquées de lui et de sa vache avant de réussir à le convaincre de leur vendre la vache pour un bon prix. Elles s’enfuirent dans la nuit, emportant la vache et jetant à ses pieds une lyre. Il comprit alors avec terreur qu’il avait croisé les Muses. Il se déclara dès lors serviteur d’Enyalios – Arès, Dieu de la guerre – et possesseur de la grâce désirable des Muses, à qui il adresse parfois ses vers.

“Je suis le serviteur du puissant Enyalios
Et je connais aussi les doux présents des Muses”

Archiloque, Fragment 1, Archiloque, sa vie et ses poésies, Amédée Hauvette

“Je pleure le peuple de Thasos
en difficulté ;
Les Magnésiens, eux,
Ne sauraient m’inquiéter.”

Archiloque, fragment 20

Bon nombre de ses vers sont dédiés à l’appreté des combats, à la gloire de sa ville de Paros ou la protection de la ville colonisée de Thasos, qu’il ne jugeait pas aussi belle qu’une autre ville proche d’un ruisseau nommé Siris et qu’il qualifia de “calamiteuse” au détour du fragment 228. Si Archiloque tient la vie comme la valeur la plus haute, il ne rejète absolument pas les valeurs de courage et de combativité tant qu’elle ne s’opposent pas à sa survie personnelle et il ne manque pas de se rire de la mort mais jamais des morts.

“Ma lance est ma boisson, ma lance est ma moisson,
Je festoie au banquet appuyé sur ma lance”

Archiloque, Fragment 2, L’homme de guerre (7), La couronne et la lyre, Marguerite Yourcenar

“De ma lance dépend ma ration de pain d’orge, de ma lance dépends mon vin d’Ismaros, et je bois appuyé sur ma lance”

Archiloque, Fragment 2, Fragments (Archiloque), François Lasserre

“Sept morts au sol, sept ennemis rattrapés à la course, nous sommes mille à les avoir tués”

Fragment 101, Fragments (Archiloque), François Lasserre

Car ce n’est pas du tout une terre belle, désirable ou agréable, comme celle qui entoure le ruisseau de Siris.”

Archiloque, Fragment 22

“Souvenez-vous de nous, souvenez-vous de cette terre,
Quand, nos cœurs faisant face au désespoir,
Nos javelots ont tenu l’ennemi en dehors de Thasos.”

Archiloque, Fragment 95

Bouclier contre bouclier,
Gardez le mur de bouclier serré.
Et le cadeau de la mort
Qu’ils apportent, que personne ne le prenne.”

Archiloque, Fragment 139

“Je n’aime pas ces généraux grands,
marchant d’un pas chancelant,
Fiers de leur tignasse bouclée,
Et leur barbe partiellement rasée.
Donnez moi un chétif,
avec des jambes arquées,
mais ferme sur ses pieds
et empli d’un courage vif.”

Archiloque, Fragment 114

“Les larmes chaudes ne peuvent chasser la misère ; ni les banquets et les danses l’aggraver.”

Archiloque, Fragment 11

“Il n’est pas bon de se moquer des morts.”

Archiloque, Fragment 134

Les références aux dieux ne manquent pas parmi ses textes et jamais il ne les moque ou les insulte. Il les célèbre, leur rend hommage, réclame leur aide… On trouve pêle-mêle les noms de Demeter et Dionysos auxquels les Ioniens furent particulièrement attachés, ainsi que ceux de Zeus, Héphaïstos ou encore Athéna.

“Dans leur combat, Athéna,
Fille du tonitruant Zeus,
Se tenant proprement à leurs côtés,
Éveilla les cœurs… de l’armée tant regrettée
… au cours de cette journée sur l’autre terre… ;
Car elle céda tant de terres… ;
Mais l’esprit des dieux de l’Olympe…”

Archiloque, Fragment 94

“Seigneur Héphaïstos,
Écoutez ma supplique,
Soyez mon allié propice
Accordez moi vos faveurs
Et que cette bonne fortune
Soit faite mienne”

Archiloque, Fragment 108

“Et je sais comment diriger
La danse pleine d’entrain
Du Seigneur Dionysos,
Le dithyrambe. Je le fais,
Coup de tonnerre, aviné”

Archiloque, Fragment 120

Puisant son inspiration dans les passions, les joies et les souffrances, sa poésie peut aussi traduire un amer sentiment de solitude, le voyant s’adresser à son propre cœur afin de se donner du courage, accompagné d’un appel à la tempérance dans la défaite comme dans la victoire. Il se dégage également de certains fragments une forme d’empathie pour les forts, une absence de tout ressentiment, une acceptation et une célébration d’être ce que l’on est et de ce que la vie nous amène sans envier les autres à qui elle offre un sort plus doux.

“Mon cœur, mon cœur si meurtri, toi que les maux assiègent,
Lève-toi, affronte ceux qui nous haïssent et défait leurs pièges,
Combats-les. Tiens-toi ferme parmi leur lances
Grosses comme des poutres, qui te tancent.
Et si tu vaincs, n’exulte pas, sois sans orgueil ;
Mais vaincu, ne va pas gémir, menant ton deuil.
Supporte les malheurs et accepte les joies,
Puisque c’est le destin de toute créature
Et le rythme alterné de l’humaine aventure.”

Archiloque, Fragment 128, partiellement inspiré des Vers gnomiques, La couronne et la lyre, Marguerite Yourcenar

Tout ce que
Les gens ont
vient d’un
dur travail
et de l’effort humain”

Archiloque, Fragment 17

“Ces affaires en or
De Gygès, ses trésors
Ne me séduisent pas.
La jalousie n’a aucun pouvoir sur moi,
Je n’envie pas non plus les devoirs divins,
Et je ne brûle pas de régner en tyran.
De telles choses n’ont aucune
Fascination pour mes yeux.”

Archiloque, Fragment 18

Il célèbre également, à la manière d’Ulysse, la volonté d’un doux retour à la maison qui était extrêmement important pour les Grecs. La mort en mer était le pire qui pouvait leur arriver car elle les privait de sépulture, les condamnant à errer indéfiniment dans l’Érèbe, la divinité primordiale et infernale née du Chaos, personnifiant les ténèbres, les enfers.

“Combien de fois j’ai prié,
Sur l’étendue de la mer blanche
Peignée par le vent, comme
Une chevelure de femme,
Pour un doux retour à la maison.”

Archiloque, Fragment 8

Les femmes et la sexualité sont un autre de ses thèmes de prédilection. Teinté de mysoginie parfois – Il dira notamment dans le fragment 184 : “La chance est comme une femme ; elle tient le feu dans la main gauche et l’eau dans la main droite” – il peut faire montre des pire accès de colère envers sa promise Néoboulé qui l’a rejeté. Il les voue, elle et son père, Lycambès, qui lui avait promise, aux gémonies, les poussant jusqu’à la mort selon Horace.

“Elle se plaisait à tenir une branche de myrte ou la belle fleur du rosier, et sa chevelure abritait en ombrelle sa nuque et ses épaules

Ah ! Je voudrais que mon bras pût étreindre Néoboulé, me jeter sur cette outre ardente à la besogne, pousser ventre contre ventre, et cuisse contre cuisse.

Avec ses cheveux noyés de parfums et son sein, elle aurait éveillé le désir d’un vieillard.
Corneille transportée de plaisir… Telle l’alcyon sur la roche du promontoire, elle battait des ailes et prenait son vol.”

Fragments, 30 & 31, 119, 217

“Quelle idée t’a passé par la tête, père Lycambès ? Qui t’a dérangé la cervelle ? Jusqu’à ce jour tu étais un homme équilibré ; aujourd’hui tes concitoyens font de toi gorge chaude… Tu as violé un serment solennel, tu as trahi le sel et la table… Zeus souverain, j’ai été frustré du repas de noces. Mais, ce qu’il m’a fait, il me le paiera.”

Archiloque, Fragments 172 et 173

“Si violent était le désir d’amour qui, en mon cœur, menait sa houle, déversant sur mes yeux un brouillard opaque et hors de moi-même ravissant la fraîcheur de mes sens… À coup sûr, tu n’épanouis plus la fraîcheur de ta chair, ta peau déjà se fane, et la charrue de la sinistre vieillesse y creuse ses sillons”

Archiloque, Fragment 188

“Elle suçait comme un Thrace ou un Phrygien
Qui descend une bière par un tube,
Elle travaillait dur, penchée en avant.”

Archiloque, Fragment 42

“N’appelez pas les médecins.
Je connais un meilleur moyen,
pour faire baisser un gonflement comme celui-là.
Ecoutez-moi, maintenant. Non ? Oubliez ça.”

Archiloque, Fragment 67

On ne sait que peu de choses sur sa mort si ce n’est que Plutarque nous apprendra qu’il fut tué par un Naxien nommée Kallondas, surnommé Korax, signifiant “le corbeau”. Il est difficile de savoir si cette anecdote est réelle, mais nous savons que les habitants de Paros et Naxos étaient régulièrement en conflit et nourrissaient une détestation réciproque comme en atteste le peu de flux commerciaux observés entre les deux cités. On dispose tout de même d’une trace de ce qui serait un monument funéraire trouvé à Paros où il est écrit “Archilochus de Paros, fils de Télésicles, repose ici ; ce mémorial pour lui a été érigé par Dokimos, fils de Neokreon.” Ainsi que d’un relief archaïque où certains estiment y voir une représentation héroïsée d’Archiloque.

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Monument funéraire d’Archiloque avec l’inscription “Archilochus de Paros, fils de Télésicles, repose ici ; ce mémorial pour lui a été érigé par Dokimos, fils de Neokreon.”
Crédit photo: Laura Swift
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Relief archaïque où certains estiment y voir une représentation héroïsée d’Archiloque
Crédit photo: Laura Swift

“Je suis dans les affres du désir,
Misérable et sans vie,
Percé à travers mes os
De douleurs atroces
Par la volonté des dieux.”

Archiloque, Fragment 193

“Une fois mort, personne n’est tenu en respect par les citoyens, même s’il est puissant. Au lieu de cela, nous, les vivants, étrennons la faveur des vivants et les morts sont toujours les plus mal lotis.”

Archiloque, Fragment 133

Les Anciens le tenaient en haute estime mais la perte de ses écrits vient peut-être des Byzantins plus prudes, et sans quelques joyeuses trouvailles dans les sables égyptiens nous aurions peut-être oublié jusqu’à son nom aujourd’hui, que les pères de l’Église avait préféré délaisser à cause de sa violence du langage qui n’avait d’égale que l’intempérance de ses passions.

Maintenant que vous êtes plus familiers avec la vie et les vers de ce premier poète lyrique, je m’attacherais à démontrer dans un second article pourquoi, non seulement, on ne peut pas le tenir pour un non-artiste, mais au contraire le voir comme le sommet de l’art et le premier artiste prométhéen.

Not e: Les citations ne présentant pas de référence particulière sont soit tirées de Wikipédia sans que je n’en connaisse l’auteur de la traduction, soit des traductions personnelles de l’anglais à partir du livre de Guy Davenport intitulé 7 Greeks ou de fragments trouvés dans l’ouvrage Greek Iambic Poetry édité par Jefrey henderson sur Loeb Classical Library.

Références:
Livres
Patrimoine littéraire européen: Vol. 2 – Héritages grec et latin, E Guillaume, 1994
Recherches sur l’histoire et la prosopographie de Paros à l’époque archaïque, Danièle Berranger, 1992
7 Greeks, Guy Davenport, 1995
Archiloque. Fragments : . Texte établi par François Lasserre, traduit et commenté par André Bonnard, François Lasserre, 1958
La Couronne et la Lyre. Anthologie de la poèsie grecque ancienne, Margueritte Yourcenar, 1984
Greek Lyric poetry, A selection of Early Greek Lyric, Eliagic and Iambic Poetry, David A. Campbell, 1969
Archiloque, sa vie et ses poésies, Amédée Hauvette, 1905
Greek Iambic Poetry édité par Jefrey henderson sur Loeb Classical Library
La naissance de la tragédie, Nietszche, 1872
Greek Elegy and iambus, a selection, William Allan, 2019
Héraclite : Séminaire du semestre d’hiver 1966-1967, Heidegger, 1966

Articles
Les nouveaux fragments d’Archiloque publiés par MM. Reitzenstein et Hiller von Gärtringen
Les “épodes de Strasbourg” : Archiloque ou Hipponax? Et quelques problèmes relatifs au texte d’Hipponax, Olivier Masson, 1946
L’inventeur de la poésie lyrique: Archiloque le Colon, Andrew Ford, 1993
Archilochus 222W and 39W: Allusion and Reception, Hesiod and Catullus, Shane Hawkins
A new Archilochus poem, Dirk Obbink, 2006

Vidéos et Audios
LA LITTÉRATURE, COMME SPORT DE COMBAT (Épisode 12), Antoine Compagnon, Cours au Collège de France, 2017

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