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Nous sommes la droite vitaliste

12 mai 2020

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Nous sommes la droite vitaliste

La droite EHPAD, par le biais de l’Incorrect, s’est fendue d’un article attaquant de front la droite que nous souhaitons incarner. Lui conférant le sobriquet de « Droite Bataclan », ils révèlent ainsi combien leurs esprits sont étroits et ont du mal à passer le périphérique parisien. On leur répond.

Qui pourrait croire qu’un événement franco-français puisse être la pierre angulaire d’une pensée qui traverse l’ensemble de l’Occident ? Vous exhibez éhontément votre profonde méconnaissance de l’expérience de vie de la jeunesse de la France périphérique, alors que votre train de vie en dépend.

Alors que la réaction massive des bourgeois était de crier à qui veut l’entendre : « vous n’aurez pas ma haine », des jeunes prolétaires, dont on accepte de devenir les porte-paroles, ont vu leur paradigme bouleversé par cet événement. Si leur manque d’éducation classique ne leur a pas permis de croiser la route de Bainville – trop occupés qu’ils étaient à apprendre un vrai métier – l’éducation nationale, les médias, les intellectuels (dont vous faites partie) et les fictions leur ont inculqués sans relâche l’obligation de refuser le racisme et la discrimination.

Le moins qu’on puisse dire est qu’ils ont pris une douche froide en voyant que les bons sentiments qu’on leur avait vendus dans Pocahontas ne trouvaient pas d’écho dans le réel. Non pas à cause des méchants blancs qu’ils étaient, eux qui avaient toujours agi comme leur sens de la justice le leur demandait, mais à cause des réponses qu’ils recevaient. Les interactions inter-ethniques sont complexes et parfois dangereuses. Il ne suffit pas d’être gentil envers les autres pour qu’ils le soient en retour, le monde est un gigantesque théâtre de coopération-réciprocité-pardon (Tit-for-Tat). Depuis leur naissance, ils ont coopéré ; au premier attentat de Charlie Hebdo, ils ont pardonné mais après le bain de sang du Bataclan, de façon très rationnelle et humaine, ils ont opté pour la réciprocité.

Ils ont fait le choix de ne pas avoir honte de ce qu’on leur reproche d’être, de ne pas s’excuser d’être des Occidentaux qui ont effectivement bénéficié de moyens technologiques supérieurs aux autres civilisations ces derniers siècles durant grâce au génie de leurs ancêtres, mais qui les ont partagés avec le plus grand nombre. Pour quel résultats ? Des indigénistes bien nourris qui viennent nous le reprocher, des islamistes qui y voient une décadence à supprimer, des « progressistes » qui n’y voient qu’oppression et péché à abjurer.

« Les bons sentiments ne servent en rien à lutter contre le racisme, puisque le racisme repose sur des faits objectifs : il est, par exemple, établi que des populations différentes mises en contact sur des territoires contigus ou qui se chevauchent génèrent des réactions d’agressivité. Les « primitifs » savent cela très bien. »

Claude Lévi-Strauss

Cela étant dit, la droite que nous souhaitons incarner ne saurait être réduite à cela. Nous maîtrisons les codes du monde moderne, comme Bernanos et Bainville maîtrisaient ceux des siècles dans lesquels ils ont vécu. Les cartographes sont les nouveaux camelots du roi, ils peuvent être un peu lourdauds, ils ne comprennent pas bien les limites de la fameuse carte, mais ils ont le mérite de savoir qu’elle n’est pas « éditée par Wikipédia » et de vivre dans leur époque.

Nous avons lu les classiques. La pensée de certains auteurs résistent mieux au temps que les autres. De la même façon qu’un Héraclite ou un Homère continuent de nous délecter, qu’un Nietzsche se veut plus que jamais d’actualité, vos auteurs, eux, peinent à nous permettre de penser les temps présents; pire, leur critique de la modernité est obsolète. Cette dernière n’est pas l’échec qu’ils annonçaient; elle a tellement bien marché au contraire, que les hommes se retrouvent dans une haine orpheline qui les pousse à s’affronter pour des combats absurdes comme le remboursement des serviettes périodiques ou la couleur des pansements.

N’ayant pas vos idées, vous en concluez que nous n’avons pas le bagage culturel pour les penser. Engoncés dans votre orgueil, vous ne pouvez pas imaginer deux secondes que nous les avons simplement dépassées. Si nous reconnaissons qu’ils nous offrent un bagage culturel appréciable, nous préférons toutefois lire Quillette, Areo, Jared Diamond, David Reich, Samuel Huntington, Robert Sapolsky, Christopher Caldwell , Noah Harari, Darwin, Richard Dawkins… et Laurent Alexandre.

Nous lisons les auteurs qui, en un livre, sont capables de vous amener une information qui va bouleverser votre vision du monde. Pas des pourvoyeurs de citations qui alimenteront ironiquement une page Facebook « antimoderne » pour « Fabo », cette image du « Facho-Bohème » que vous avez choisi d’adopter en pensant que le réac était le nouveau cool. Votre attitude est une sorte de mépris social basé davantage sur la « culture » plus que sur l’argent. Oui, pour vous, l’argent est sale, les impôts c’est bien, comme vos cousins socialistes.

Nous n’avons pas un corpus de texte défini, de figures d’autorités qui doivent être lues pour pouvoir entrer pleinement dans la bande. Seules les sectes requièrent un tel endoctrinement. Au contraire nous refusons l’esprit partisan et challengeons nos idées à l’aune des connaissances nouvelles.

Nous ne méprisons pas les auteurs classiques, mais si leurs pensées peuvent nous ancrer dans une continuité ancestrale dont nous nous revendiquons, elles ne nous sont d’aucun secours, ni face à l’égrégore postmoderne, ni face au réveil islamique. Après tout, au meilleur de votre forme, vous fûtes vaincus à plate couture par Foucault et Derrida, et vous n’avez même pas entendu les appels au djihad. Vous êtes encore aujourd’hui incapables de voir les mutations de l’hydre terroriste, de Khaled Kelkal à Mohamed Merah, en passant par les faux modérés vrai agent des Frères Musulmans comme Camel Bechikh.

Vous avez toujours un train de retard et vous vous complaisez dans le commentaire. À l’époque de Jeanne d’Arc – que vous chérissez – vous auriez été ceux qui la critiquaient, car trop jeune, trop femme, en vous ressassant les grandes épopées de Charlemagne qui, lui, « incarnait la vraie grandeur de la France » au moment même où elle était au bord de la disparition. Vous vous pensez les dignes héritiers des gloires du passé mais aucunement responsables des impasses du présent.

Vous êtes nés dans le confort, vous êtes cette jeunesse-dorée-mais-pas-trop, et vous n’aviez pas à lutter face des ennemis aussi mortels que la déconstruction et l’immigration de remplacement. Vous venez d’une époque où un Occidental pouvait faire du backpacking au Maghreb sans que sa décapitation soit mise en ligne sur BestGore. Vous n’avez aucune ambition, mise à part celle de reproduire le schéma paternel. Vous ne voulez pas faire mieux que papa, vous voulez faire juste aussi bien.

Quelle médiocrité. Quel manque criant d’ambition.

Aucune civilisation ne survit à ça. Vous êtes des bourgeois mentaux.

Nous avons pris conscience de l’existence des populations humaines, au sens génétique du terme, avec des aptitudes cognitives inégales et des aspirations inconciliables qui rendent le projet égalitariste extrêmement dangereux. La réalité du quotidien prouve que nous avons raison, mais lorsqu’on connait bien la psychologie évolutionniste, on peut même s’étonner que ce ne soit pas pire. L’état providence joue son rôle anesthésiant à grand renfort d’endettement, mais pour combien de temps?

Obsédés par vos traditions (enfin… aux quelques millénaires qui vous intéressent), vous vous lamentiez devant vos églises vides pendant que des millions d’étudiants apprenaient le catéchisme de l’Eglise de la Construction Sociale. Pour nous, 5000 ans reste de l’ordre du provisoire, pour vous, cela serait bien suffisant pour assister au retour tant attendu du Christ. Vous vous gobergez encore sur Charles de Gaulle alors que cela fait 50 ans qu’il est mort, nous empêchant même de faire la critique de son « règne ». 50 ans qu’il faut se faire coopter en tant que « gaulliste », cette idéologie aussi vermoulue que les communistes avec qui il n’a pas hésité à gouverner.

Nous sommes jeunes, ambitieux et prêts à en découdre, vous êtes vieux, usés et fatigués. Vous voulez toujours être du coté des pauvres car, selon vous, c’est cool. Non, être pauvre ne l’est pas, on en vient, certains y sont encore, c’est nul et nous ne serons pas vos faire-valoir. C’est pourtant évident, mais seulement, pour le comprendre, il faudrait être autre chose que la droite socialo-rooftopienne.

Nos valeurs se conforment aux lois de la Nature que la biologie de l’évolution s’efforce de décrypter. Rien n’est plus important que la lignée génétique pour une raison simple, évidente et indépassable : tout peut être restauré, reconstruit, réinventé – sauf nos gènes. Et le malheur, c’est qu’une large partie de la jeunesse française et occidentale souhaite mourir, disparaître, laisser leur place rongée par la haine de soi-même. Nous prenons leur contre-pied.

Claude Lévi-Strauss concédait que tous les peuples avaient besoin d’une certaine dose d’anthropocentrisme pour justifier leur lutte, pour préserver leur existence. Nous nous conformons à cette loi en assumant la supériorité technologique et économique objective des siècles passés tout en conservant le sens du tragique et l’inquiétude que cela cesse. En cela nous sommes conscients de notre potentielle faiblesse, et nous y voyons là un danger, pas une sortie de secours.

« Plus il veut s’élever vers les hauteurs et la clarté, plus profondément aussi ses racines s’enfoncent dans la terre, dans les ténèbres et l’abîme, — dans le mal. »

Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra

Nous ne résumons pas notre but à protéger le pré carré qu’on appelle France, nous devons être les éclaireurs qui mènerons l’espèce humaine au-delà de ce que Constantin Tsiolkovski, fondateur de la cosmonautique moderne, appelait « notre berceau ». D’ailleurs, vous êtes tellement véhéments à dénoncer « l’insupportable impérialisme atlantiste », qui serait l’une des principales causes du déclin de la France, que cela cache mal votre véritable but : biberonner à l’internationale tiers-mondiste, Russie en tête, pour qui vous avez les yeux de Chimène. Voilà qui fait rêver. Troquer une domination contre une autre, voilà qui est cocasse.

Vous nous reprochez d’être déracinés, de ne pas connaitre nos ancêtres. Loin d’être amnésiques, nous en découvrons plus sur nos ancêtres chaque jour. Nous les connaissons mieux que vous. Bien que nous soyons des enfants de la France, qu’on l’aime comme notre mère plus que les autres mères et que nous ne refusons pas l’héritage français, à commencer par sa langue et ses épopées historiques, elle n’est pas pour nous l’alpha et l’oméga. Notre vue est longue, nos racines profondes. Nous sommes aussi des descendants des Yamnayas, héritiers d’une lignée qui a toujours bousculé les autres peuples quand ils furent empêtrés dans la stagnation, même si ce fut à coup de canons. Certains ont accepté de rejoindre cette aventure, grand bien leur en a pris. La France n’est qu’une expression de legs bio-culturels qu’ont laissés ce peuple d’exception.

Nous ne croyons pas aux miracles, ni aux sauveurs messianiques. Ces notions ne font pas partie de ce monde. Nous constatons la puissance de la matière, la vitalité des gènes et l’implacable volonté de nos ennemis – de l’intérieur comme de l’extérieur.

Et s’il faudra construire une armée de robots, de cyborgs ou de post-humains pour que notre lignée survive, qu’il en soit ainsi.

La bonne morale apparaît de la connaissance de la nature de l’Humain, pas de ce que les bien-pensants aimeraient que ce soit. L’Univers nous montrera plus tard si nous avons un quelconque « droit » à nous étendre à travers lui.

Robert A. Heinlein

Vous refusez la seule vie qui compte, celle dans ce monde matériel. Nous l’embrassons pleinement car c’est la seule. Vous pensez que nous manquons de supplément d’âme, nous ne reconnaissons pas l’existence de l’âme. Notre acier, débarrassé d’impures scories par le marteau du réel, fut trempé dans la rivière de sang du Bataclan, dans les viols de mineures de Telford, dans les agressions sexuelles de Cologne… et nous pourrions continuer la liste longtemps.

Nous sommes la droite vitaliste, Faustienne ou Prométhéenne.

3 Comments
  1. yoananda

    Très très bon article, dans lequel je me reconnais en grande partie, en tant que païen, scientifique, et identitaire européen, anti-christianisme (mais pas anti-chrétien). Je déplore toutefois l'opposition entre la droite vitaliste et les bio-conservateurs, et transcendantistes. Attention, comprenez moi bien, je suis païen, mais aussi mystique, et je trouve très dommage de laisser ce champ du réel aux seuls catholiques. Ils n'ont pas le monopole du spirituel (bien au contraire, ils sont pollués par tout un tas de dogme obscurantistes). D'autre part, j'ai bien conscience de la tentation transhumaniste, pour régler les nombreux problèmes actuel. C'est le débat sur le mismatch qui se cache derrière. Alors je vais être clair, dans l'absolu, je n'ai rien contre l'eugénisme libéral, ou les cyborg ou autre, cependant, sans la sagesse et le mandat céleste (donné uniquement par le transcendant) c'est la catastrophe assurée. Je vais prendre comme exemple la médecine. Avec les vaccins et les antibio, mais sans la sagesse pour les utiliser, regardez la catastrophe que nous avons créé : on a foutu en l'air l'équilibre démographique de l'Afrique (merci les missionnaires chrétiens) et maintenant on se retrouve avec un problème migratoire terrible. Ce n'est qu'un exemple, on pourrait en citer des tonnes ou l'usage immodéré de la science nous mène à la catastrophe (internet par exemple qui se transforme actuellement en technotalitarisme avec la crise du covid, tout ça était prévisible et prévu, avec un peu de sagesse). Je trouve dommage que les 2 droites n'essayent pas chacune de tirer parti du meilleur de l'autre. Bon courage à tous.

  2. fraxino

    Très bon texte !

  3. roland

    Article et polémique sans objet : vous, la droite "vitaliste" (techno-scientiste en fait) et la droite EPHAD (c'est à dire la droite du portefeuille dans le missel) êtes d'accord sur l'essentiel. Seule la "com" diffère. Il suffit de se reporter à la conclusion de l'article de l'Incorrect : "A contrario de la droite conservatrice ou « bio-conservatrice », qui sait que la victoire ne s’obtient pas seulement sur l’avancée technologique mais bien à l’aide d’un supplément d’âme. " Ce qui vous distingue, c'est uniquement le "supplément d'âme" qu'ils viennent coller sur la course à la croissance, la technologie, la mondialisation économique etc. Bref, la droite "vitaliste", c'est : - la technologie comme socle - le béton comme horizon - l'artificialisation comme but Bref, le capitalisme progressiste.

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