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Art & Culture Cinéma

Mirai, ou l’apologie de la lignée

12 février 2019

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Mirai, ou l’apologie de la lignée

Mirai est une preuve de plus qui vient alimenter le truisme qui veut que le Japon soit un des seuls pays à jongler parfaitement entre tradition et modernité, entre archaïsme et futurisme.

ATTENTION SPOILERS

Avant d’expliquer pourquoi Mirai apporte une pierre de plus à l’édifice archéofuturiste du Japon, penchons nous sur l’histoire rapidement.

L’arrivée de Mirai chamboule la vie du petit Kun

Kun est un petit garçon nourrit de l’amour de ses 2 parents qui voit l’arrivée d’une petite soeur, Mirai (qui signifie « Futur » en japonais) d’un très mauvais oeil et ne parvient pas à s’habituer à ce changement. Il va de colère en colère jusqu’à ce qu’il découvre un arbre généalo-ma-gique au fond du jardin qui lui permet de se promener sur la ligne du temps pour découvrir des tranches de vies passées et futures des différents membres de sa famille. C’est ainsi qu’il fait la rencontre de la version adolescente future de sa petite soeur, qui va l’aider à accepter ce bouleversement dans sa vie.

La première réussite de ce film est en premier lieu de parvenir à capter la banalité du quotidien de parents qui doivent jongler entre vie professionnelle et vie familiale suite à l’arrivée d’un second enfant qui multiplie la difficulté de la tâche exponentiellement. Le père devient freelance afin de pouvoir travailler de la maison de façon plus flexible pour s’occuper des enfants en même temps, la mère est complètement dépassée par le petit Kun qui s’amuse à réveiller sa petite soeur qui s’était enfin endormie… Ces situations vous sont familières ?

Les parents dépassés par l’arrivée de Mirai

Cependant le film prend vraiment tout son sens lorsqu’il en vient à toucher à l’imaginaire et la généalogie. Comme on peut s’y attendre dans un films japonais, les 2 parents sont japonais, mariés, tous les 2 de parents mariés japonais, eux mêmes de parents mariés japonais, et tout ce beau monde se rend visite, s’épaule et participe à l’éducation des enfants dans un bonheur palpable… quelle horreur ! On frôle le fascisme, Yann Moix est au bord de la syncope, lui qui est révulsé par la vue d’une famille partageant leur ADN et qui voudrait que les enfants soient mélangés à la naissance (même si les japonaises ne le dérangent pas apparemment).

Mais ils ne s’arrêtent pas là, le petit héros va alors découvrir les souvenirs de chaque membre de sa famille, des moments de vie montrant de qui il tient certains traits de caractère, des choix importants qui scellent leur destin et qui permettent au final d’aboutir à la naissance de ce fameux petit Kun. Il comprend alors qu’il est en partie le produit du hasard mais surtout de la volonté des ses ancêtres. Mais si le hasard intervient dans les rencontres entre les protagonistes et l’imaginaire est omniprésent, permettant aux personnages des envolées au delà du réel, la morale du film, elle, se veut matérialiste, naturaliste et moniste. Nous sommes le résultat de l’évolution, nous devons la vie aux choix de nos ancêtres, nous sommes un bout de génétique de chacun d’eux et notre esprit et notre corps ne font qu’un. En d’autre terme, n’en déplaise à ta prof de CP qui t’expliquait combien tu as de la chance d’être né français et pas africain, il n’y a pas de chance dans ce que nous sommes. Il n’y a que 2 possibilités, soit TOUS nos ancêtres se rencontrent et procréent pour finalement générer notre existence et donc nous sommes, soit cela n’arrive pas et donc nous ne sommes pas… mais on ne pourrait pas être quelqu’un d’autre que ce que l’on est. Notre esprit ne pourrait pas s’être incarné dans le corps d’un africain ou d’un inuit. Il nous appartient donc de chérir les éléments de notre passé, ceux que l’on juge bons comme les mauvais, car ils étaient nécessaires à notre naissance. Le film illustre d’ailleurs ça très bien par un souvenir de guerre de l’arrière grand-père qui n’est pas plaisant mais qui était nécessaire.

Dès lors, il nous appartient d’aimer nos ancêtres, quelques soient leurs actes, nous leur devons la vie que l’on a reçu. Il est futile de se perdre dans un ressentiment inutile à ressasser des faits historiques que non seulement on ne peut pas changer mais qui par dessus tout était nécessaires à notre naissance.

Vous n’avez pas encore saisi le caractère archéofuturiste du film? Un film qui s’appelle Mirai, dont le personnage principal se balade sur la ligne du temps, évoluant dans des espaces imaginaires à la technologie avancée et qui fait l’apologie des ancêtres et de la lignée… oui, vous l’avez maintenant.

Les pieds sur Terre, celle de mes ancêtres, mais la tête dans les étoiles que j'aimerais voir explorées par mes descendants. Passionné par l'infiniment grand et l'infiniment petit. Amateur de Tit-for-Tat... c'est du langage à peine codé, ceux qui doivent comprendre comprendront.
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