Cinéma

L’hypocrisie de la bien-pensance dans « Tout le monde dit « I love you » » de Woody Allen

7 mai 2019

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L’hypocrisie de la bien-pensance dans « Tout le monde dit « I love you » » de Woody Allen

Dans « Tout le monde dit « I Love You«  », Woody Allen met en scène l’hypocrisie de la haute bourgeoisie bien pensante de gauche new yorkaise – et au-delà, universelle -, par l’intermédiaire du personnage de la mère qu’il décrit comme  une « démocrate culpabilisée ». C’est une très bonne définition du « gauchisme ».

Pour se donner bonne conscience, cette grande bourgeoise donne à des œuvres de charité. Elle milite par exemple pour « la préservation des baleines et des humains », pour que les prisons soient ouvertes, avec des architectes d’intérieur pour chacun des détenus, etc. Elle va même jusqu’à accueillir, lors d’une soirée donnée par la famille, un ex-prisonnier au prétexte de le réinsérer socialement. Pour ajouter du comique de situation, le fils de cette famille bien pensante Démocrate tient des propos virulemment Républicain et Conservateur, entraînant des débats, ou plus exactement des disputes, entre les parents et le fils. Les parents considèrent que le contexte social et économique est responsable du destin de ganster, tandis que le fils maintient que la réintégration sociale est impossible, qu’il récidivera.
Les faits donneront raisons aux arguments conservateurs puisque le Gangster, parti avec la fille des Démocrates qu’il a séduite rudement, ne peut s’empêcher d’organiser un casse. Chassez le naturel…il revient au galop.

Plus drôle encore, les parents pourtant ouvertement Démocrates et ouvert d’esprit sont absolument horrifiés à l’idée que leur fille puisse être en couple avec ce gangster aux origines sociales totalement différentes.

Woody Allen pointe du doigt l’hypocrisie de la bourgeoisie de gauche bien pensante.

Bien que les parents Démocrates soient ouvertement tolérants, ils le sont beaucoup moins avec les opinions conservatrices et de droite de leurs fils, le père allant jusqu’à demander à le déshériter. Au dénouement du film, les opinions du fils seront attribuées à un manque d’oxygène du cerveau, c’est à dire à une anomalie, une maladie, au grand soulagement du père.

Une conclusion réaliste

C’est, au final et dans les  faits, les réalités (sociales, économiques, biologiques,…) qui prennent le dessus sur les conceptions idéologiques : On prône le Vivre-Ensemble, mais à l’abri de cette même diversité. Les actes priment sur les conceptions bienveillantes et tolérantes, l’idéologie qui n’est dans le fond, comme le montre Woody Allen comiquement, que des culpabilités refoulées (coupable d’être riche, élevé socialement, coupable d’être Blanc, d’être Juif, etc.).

Au fond, le monde tel que perçu par la Bien-Pensance, dite parfois « bisounours », ressemble à ces scènes de comédie musicale qui surgissent aux moments fatidiques du film, comme d’heureux dénouements chantants et dansants, un peu imbéciles : Autant de fuites pour préserver de naïves illusions.

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