Economie Société

La Révolution Industrielle : la surpopulation vaincue par l’intelligence

26 septembre 2019

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La Révolution Industrielle : la surpopulation vaincue par l’intelligence

Dans l’article précédent, nous avons vu que l’augmentation de la richesse était due à une accumulation de capital, un accroissement de la division du travail ainsi qu’au maintien de la taille idéale de la population. En effet, un trop grand nombre d’humains pour une quantité donnée de richesses engendrerait un frein à l’accumulation des capitaux ainsi qu’à une division du travail optimale.

Or, les humains ont souvent été en surpopulation, tant les légères augmentations de richesses ont toujours été « absorbées » par la présence de spécimens surnuméraires. De ce fait, les hommes sont restés dans un cercle vicieux que l’on peut appeler le « piège malthusien » : une trop grande population pour un nombre limité de richesses, et des richesses supplémentaires compensées/absorbées par une augmentation de la population. Cela signifie donc que la Révolution industrielle marque la victoire des humains sur la surpopulation (au moins dans certaines régions du monde) par l’enrichissement, fléau qui les a toujours accompagnés.

La sédentarisation comme première avancée

Peu importe ce que diront les primitivistes, la sédentarisation des humains est un premier pas vers l’établissement de groupes humains plus nombreux, mais aussi d’un système de production qui n’est pas parasitique. Le capitalisme sédentaire productiviste n’est pas quelque chose qui « détruit la nature ». C’est le système le plus efficace que les humains ont trouvé – pour l’instant – afin de produire durablement, et en paix. Il permet une utilisation optimisée des ressources par la logique du rendement et des bénéfices. De fait, les individus sont poussés à entretenir leur sol, ou leurs moyens de production de manière générale.

En effet, les chasseurs-cueilleurs étaient nomades justement parce que leur mode de production détruisait l’environnement dont ils tiraient les moyens de subsistance. A partir d’un certain niveau, les milieux étaient donc vidés de gibiers et de plantes. Par conséquent, les groupes humains étaient condamnés à migrer, contraints de « vider », à nouveau, un autre territoire.

La révolution néolithique est effectivement au paléolithique ce que l’après révolution industrielle est à l’âge Malthusien. L’adoption de la sédentarité est une avancée majeure de la condition humaine : un mode de production plus durable. Malgré une alimentation moins riche et diverse que leurs aînés chasseurs-cueilleurs, les éleveurs-cultivateurs ont su adopter un mode de vie plus paisible, plus stable en plus d’être socialement très sélectif. Cela a son importance.

La richesse et l’intelligence

Mis à part la taille de la population (bien que les moyens de contraception soient dépendants d’un certain avancement de la science), les critères qui permettent l’enrichissement sont étroitement liés à l’intelligence.

L’accumulation de capital, tout particulièrement. Il est d’abord question de créer des biens de production, qu’il faut assez de capacités cognitives pour « inventer ». Ensuite, l’intelligence est étroitement liée à la préférence temporelle ; plus cette dernière est basse, plus la valeur qu’un individu accorde à un bien présent par rapport à un bien futur est faible. C’est une notion utilisée par les économistes de l’école autrichienne, aussi nommée gratification différée, qui fut étudiée sur les enfants grâce au test du marshmallow.

Une guimauve est offerte à chaque enfant. Si l’enfant résiste à l’envie de manger la guimauve, il en obtient par la suite deux autres en guise de récompense. En capturant la durée pendant laquelle chaque enfant résiste à la tentation et en comparant les succès professionnels et sociaux de ces même enfants à l’âge adulte, il apparait que ce trait offre une plus grande probabilité d’avoir une vie professionnelle et sociale épanouies.

Autre exemple, dans la fameuse fable de La Fontaine, la cigale a une haute préférence temporelle, tandis que celle-ci est basse pour la fourmi.

On pourrait traduire cela par la volonté de Crusoé de produire des outils plutôt que de nager, se dorer la pilule ou faire des châteaux de sables. Il sait qu’en travaillant sur des outils lui permettant d’être plus efficace, il aura plus de temps libre pour la production d’une même quantité de biens. Mais cela lui demande un sacrifice ici et maintenant pour une satisfaction future.

De la même manière, la division du travail demande aussi une forme de spécialisation, en plus d’une certaine intelligence pour reconnaître sa supériorité. Au fil de la complexification des sociétés humaines, il a donc fallu que les individus soient de plus en plus compétents dans des domaines ainsi que des tâches de plus en plus précises ainsi que dans l’organisation de celles-ci. Ce qui demande à la fois des capacités cognitives croissantes, mais aussi une certaine « patience » – une préférence temporelle basse. En effet, plus les tâches dans la division du travail deviennent spécifiques, plus elles demandent, en général, de la justesse, de la finesse et sont dépendantes de l’expérience, qui mettent elles-mêmes bien souvent du temps à être acquises.

Nous tenons pour acquis le fait que c’est uniquement le manque de volonté à produire et à consommer qui constitue une barrière à la croissance économique. En apparence, nous avons des quantités énormes de ressources naturelles exploitables ainsi que de techniques pour produire davantage ; et c’est uniquement une question de manque d’économies qui nous empêche d’employer ces ressources ou ces techniques.

Toutefois, c’est une manière bien récente d’appréhender l’investissement. Pour la majorité de l’histoire humaine, ce fut dû à un manque d’idées et d’innovations, à l’incapacité à transformer des stocks en biens de production ; une incapacité à investir, plutôt qu’à épargner.

Ainsi, pour Robinson, cela n’est pas suffisant d’avoir une basse préférence temporelle ou d’épargner pour pouvoir investir. En effet, il doit savoir, par exemple, tisser un filet de pêche, et cela, peu importe la quantité de fil qu’il possède, ou sa qualité.

Les gens ne sont majoritairement pas capables d’inventer, ou de créer quelque chose de nouveau. Ils sont, au mieux, capables d’imiter ou de reproduire ce que d’autres, plus brillants, ont inventé avant eux. Si personne n’est capable d’innover, ou pire, de reproduire des procédés de production complexes, alors même les meilleurs conditions économiques – le marché le plus libre qui soit – ne changerait quoi que ce soit.

« Relation entre la probabilité d’inventer (déposer un brevet) et le centile du QI dans lequel se trouve un individu. Les Centile de QI ont été calculés sur la base d’un score de QI normalisé, où la normalisation fut réalisée séparément pour chaque conscription afin d’éviter l’effet Flynn »
Bell, A., R. Chetty, X. Jaravel, N. Petkova, and J. Van Reenen: 2017, ‘Who Becomes an Inventor in America? The Importance of Exposure to Innovation’. National Bureau of Economic Research WP 24062.

En bref, dans notre contexte de révolution industrielle, il fallait concevoir les machines à vapeur avant de pouvoir investir dans des industries.

Ce faisant, l’institution de la propriété privée, contrairement à ce que beaucoup de libéraux/libertariens disent, doit être vue uniquement comme étant la condition nécessaire – mais pas suffisante – de la croissance économique et de l’augmentation du revenu per capita.

Intelligence et psychologie évolutive

La variable manquante pour expliquer pleinement le progrès économique exponentiel (ainsi que toutes ses répercussions sociales) de l’humanité – la révolution industrielle – ainsi que la raison pour laquelle elle s’est initiée et déroulée en certains lieux et pas d’autres, est donc l’intelligence. Ainsi, jusqu’à la révolution néolithique, l’humanité n’était pas assez intelligente, de sorte que même ses membres les plus brillants n’étaient pas capables de penser à un mode et à des biens de production plus complexes, comme ceux impliqués par l’élevage et l’agriculture.


Graphique extrait de Farewell to Alms: A Brief Economic History of the World, Gregory Clark, (Princeton, N.J.: Princeton University Press, 2007).

Il fallut donc des dizaines de milliers d’années aux humains pour que la sélection naturelle de l’intelligence s’opère suffisamment, de manière à ce que ces derniers comprennent les concepts d’apprivoisement et de domestication, d’accouplement et de reproduction, de semence et de récolte.

Le processus par lequel une intelligence plus importante fut sélectionnée est simple à comprendre. En effet, l’homme est plutôt fragile et « naturellement » mal équipé pour affronter de nombreux prédateurs, il est donc dans son intérêt personnel d’être le plus futé pour affronter les dangers propres à son environnement. Une plus grande intelligence se traduit en un plus franc succès économique ; le succès économique se traduit à son tour en succès reproductif.

Néanmoins, avant même la sédentarisation, le style de vie des chasseurs cueilleurs demande tout de même un certain niveau d’intelligence. Que ce soit pour comprendre les relations de causalité, s’orienter dans différents lieux, les inspecter, les reconnaître, les situer entre eux, mais aussi estimer à la fois distance, temps et vitesse, tout cela requiert de bonnes capacités cognitives. Malgré le manque d’exclusivité dans les rapports hommes-femmes du paléolithique, une forme de sélection naturelle s’opérait tout de même. En effet, les chasseurs-cueilleurs les plus intelligents, les meilleurs membres d’une tribu donnée, avaient plus de chance de voir leur descendance survivre.

L’intelligence ayant une certaine base génétique – différentes études établissant une héritabilité du QI allant jusqu’à 80% chez l’adulte et tendant à démontrer que les gènes sont responsables de la stabilité du QI – il semblerait que la sélection sexuelle ait permis aux individus les plus intelligents de passer leurs gènes aux générations suivantes, qui sont devenues de plus en plus intelligentes. Par conséquent, le nombre de personnes à l’intelligence exceptionnellement haute augmentait aussi.

La compétition intellectuelle entre les individus et groupes ne prit pas fin lors de la révolution néolithique. L’élevage et l’agriculture sont justement des tâches dont la conceptualisation en elle-même est complexe, en plus d’être intellectuellement plus exigeante. Cette façon de produire demandait une plus fine et plus complète compréhension des chaînes de cause à effet. Plus de patience, de travail, d’endurance. En plus des capacités énumérées pour un chasseur-cueilleur plus haut, l’éleveur-agriculteur devait avoir certaines compétences en calcul pour compter, mesurer et évaluer des proportions ; et encore plus lorsque les premiers systèmes monétaires apparurent. Choisir la coopération sociale plutôt que l’auto-suffisance demandait aussi de l’intelligence, et la complexification des interactions sociales avantageait aussi les humains les plus clairvoyants.

Seulement, l’ensemble des fermiers n’étaient pas tous dotés de ces compétences cognitives au même niveau, et n’avaient pas non plus une préférence temporelle aussi basse. En plus de cela, avec le développement de la propriété privée, les différences entre les capacités des individus devenaient plus visibles. Le statut social reposait de plus en plus sur des choses tangibles, visibles, estimables (emploi, terres et possessions), et devenait donc plus évident. Ainsi, le lien entre les capacités intellectuelles et une reproduction réussie se renforça.

Intelligence inégalement repartie ?

Reste à adresser la question du lieu de l’avènement de cette révolution industrielle. Pourquoi en certains lieux et pas d’autre ? Qu’y avait-il en Angleterre qu’il n’y avait pas ailleurs ? C’est une question historique en soit sur laquelle il apparait délicat de trouver un consensus scientifique. Nous avons cependant des pistes sérieuses s’affinant avec le temps.

La pression sélective sur les individus peut être moins cruciale dans certaines circonstances plutôt que dans d’autres. En effet, dans les zones intertropicales, où les conditions environnementales sont peu changeantes au cours de l’année, l’intelligence est un facteur moins important pour la reproduction ainsi que pour la survie des individus que dans des zones avec des saisons prononcées. Plus nous nous éloignons des climats tropicaux, plus nous approchons d’environnements rudes et changeants, et plus les individus doivent voir sur le long terme (au-delà de plusieurs changements météorologiques propres au roulement de saisons distinctes) et posséder une diversité d’outils (biens de production).

Ces variations saisonnières ne s’expriment pas seulement par des changements de la météo. On peut aussi en relever d’autres, comme la répartition temporelle jour/nuit ou la présence de gros animaux. En influençant les récoltes ainsi que la faune (hibernation, migrations), le climat changeant, une fois compris, offrait des avantages reproductifs non négligeables pour les humains suffisamment intelligents pour en être capables. Les humains qui purent donc progressivement mieux se préparer et ajuster leur comportement aux différents changements environnementaux avaient plus de chance de se reproduire et de proliférer. D’autre part, les grosses bêtes représentent un réel danger pour des primates sans défenses ; qui durent tant bien que mal se défendre, grâce à des outils – armes – et des stratégies de groupe.

Cela va sans dire que dans les conditions de vie tropicales, l’intelligence offrait un avantage reproductif. De fait, les humains qui s’y sont développés on un niveau d’intelligence non négligeable. Toutefois, les circonstances assez constantes (relativement à d’autres foyers de populations humaines) furent un frein au développement de l’intelligence pour les populations humaines « tropicales ». Voir plus loin que le futur très proche ayant peu d’intérêt là-bas, la pression sélective concernant l’intelligence – et la préférence temporelle – fut moindre que ce qu’elle ne fut dans les régions plus au Nord.

Les études des fossiles montrent que la capacité du crane et la largeur du bassin (nécessaires à la naissance de plus gros cerveaux, eux-même fortement corrélés à l’intelligence) sont liées à la latitude. De plus, parmi les sociétés de chasseurs-cueilleurs, la complexité des outils (nombre d’outils différents) augmente avec la latitude.

Aussi, il existe une différences de prévalences parasitaires entre les différentes régions du monde, dues notamment aux différences de climat ; les régions les plus froides et les moins humides sont des environnements moins propices à leur développement. Il existe ainsi des mises en relation très intéressante entre l’intensité de maladies infectieuses et l’intelligence. Des théories présentent une explication qui vise à démontrer qu’un jeune organisme confronté à un stress métabolique trop important aurait un développement cérébral affaibli, ce qui pourrait expliquer la corrélation entre le Quotient Intellectuel et le développement des nations.

Toutefois, à l’image de certains travaux de Barber – montrant une forte corrélation entre le niveau éducatif des pays et l’intelligence moyenne de ceux-ci – il est impossible de démontrer le sens de cette relation entre les deux facteurs. En effet Barber de son côté est incapable de savoir si ce sont les gens les plus intelligents qui s’éduquent le plus, ou si c’est l’éducation qui rend plus intelligents les individus. Ici, nous ne savons pas si le fait d’avoir une prévalence parasitaire similaire entre tous les zones géographique suffirait à éliminer les différences d’intelligence.

Quoiqu’il en soit, c’est dans les régions du « Nord » que les conditions étaient les plus rudes et que les hivers étaient mortels. Ainsi, les provisions, les vêtements, les abris et la production de chaleur devaient tenir des mois, voire parfois quelques années quand les saisons chaudes ne l’étaient pas assez. Les planifications devaient se faire en termes d’années au Nord, et en jours, ou mois, dans la permanence tropicale.

La concurrence entre les groupes de chasseurs-cueilleurs ainsi qu’un environnement sans merci dans l’hémisphère Nord sont des raisons, interconnectées, pour lesquelles la majorité des innovations sociales, techniques, technologiques et scientifiques ont eu lieu en Europe et en Asie Orientale. Ce sont en ces lieux que les défis intellectuels furent les plus importants, et donc en ces lieux qu’une intelligence croissante offrait des avantages croissants.

Une sélection par le froid a également eu lieu entre différentes espèces d’oiseaux. Les races d’oiseaux localisées plus au nord, dans des climats plus rudes, ont un cerveau plus volumineux et un comportement plus flexible et plus innovant. Les variétés de mésanges vivant dans les latitudes plus nordiques ont par exemple une capacité crânienne et une intelligence plus élevée.

Le cas des esquimaux

Comme pour invalider les théories qui expliquent ces différences d’intelligence, de nombreux scientifiques mirent en avant le fait que les populations d’eskimos constituaient une anomalie : ils n’ont pas des scores au test de QI aussi élevés que les Eurasiens. Mais il y a une explication à cela.

En effet, pour qu’une haute intelligence se soit développée, il a fallu deux paramètres : une pression sélective (ici, le froid et les variations saisonnières), mais, aussi, un nombre de population suffisant pour voir apparaître des mutations avantageuses suivies par leur sélection.

L’explication est qu’ils n’ont jamais constitué qu’une toute petite population. A la fin du XXe siècle ils n’étaient qu’environ 56.000 personnes par rapport à environ 1,4 milliard d’Asiatiques. Bien qu’il soit impossible de faire des estimations précises de la taille des populations pendant la glaciation principale, il ne fait aucun doute que les Asiatiques ont été beaucoup plus nombreux que les peuples de l’Arctique. L’effet de la différence de taille de la population aura été que des mutations avantageuses pour une plus grande intelligence avaient beaucoup moins de chance apparaître chez les eskimos. Pourtant, il est intéressant de constater que les eskimos ont la plus grosse capacité crânienne, pointant des processus évolutifs à l’oeuvre.

La Révolution Intellectuelle

Rien de spécifique ne s’est passé en réalité dans les années 1800 ; en tout cas, aucun changement politique, institutionnel ou social ayant une influence particulière sur la richesse. Pendant toute son histoire, l’homme vécut dans des sociétés surpeuplées, trop peu intelligentes pour avoir une productivité croissante qui surpasserait constamment l’augmentation de la population.

La révolution industrielle n’est qu’un seuil d’un processus qui a débuté à partir des premières migrations en dehors des zones intertropicales il y a de cela environ 2 millions d’années. Chez ces populations, un changement, cette fois-ci, politique, institutionnel et social, mais nécessitant des capacités cognitives très importantes eut lieu : la Révolution Néolithique. Il y a 11 000 ans, des groupes humains développèrent un mode de vie sédentaire et de fait, le concept de propriété privée (mais plutôt dans le Moyen-Orient). D’ailleurs, ces inventions n’eurent pas lieu aux endroits où les défis environnementaux étaient les plus importants, le froid glaçant privant à ce point-là les Européens de toute possibilité d’agriculture.

Par la suite, après la fin de l’ère glaciaire, le réchauffement de zones auparavant trop au Nord favorisa l’établissement de tels systèmes sédentaires sophistiqués, en Europe comme en Asie. Ces zones où une forte intelligence fut « naturellement sélectionnée » sont maintenant adéquates à la sédentarisation, et donc à l’élevage et l’agriculture. Les capacités cognitives de ces peuples, combinées à un environnement moins rude est la clef des différents progrès réalisés ensuite par ces derniers. C’est donc pourquoi l’Asie du Nord-Est ainsi que l’Europe ne furent pas simplement des foyers d’imitateurs, mais de créateurs, d’innovateurs et d’inventeurs.


Graphique extrait de The limits of democratization: climate, intelligence, and resource distribution », 2009, professeur Tatu Vanhanen, université de Tempere, Finlande.

Ce sont dans ces endroits que les peuples sont sortis du piège malthusien les premiers, et où le seuil d’intelligence exceptionnelle fut franchi par le plus d’individus. La répartition normale gaussienne de l’intelligence nous rappelle d’ailleurs en conséquence que le niveau d’intelligence moyen a lui aussi fatalement augmenté. Thèse, comme nous l’avons vue, validée par les tests de QI, mais aussi par le fait que les Européens seraient les peuples les plus patients, les plus capables de différer la gratification (cf. la préférence temporelle).

Les effets indésirables du progrès économique

Les Etats sont des monopoles juridiques/de violence légitime – ainsi que monopoles légaux de la production de certains biens et services – sur un territoire donné. Une grande partie de leurs ressources économiques est directement extraite des richesses créées par les habitants de leur territoire. De fait, après la révolution industrielle – et l’augmentation radicale de la productivité des individus – les Etats pouvaient logiquement s’emparer de bien plus de richesses, sans se préoccuper des effets économiques propres à une situation de surpopulation. Augmenter les impôts ne résultait plus nécessairement à une chute du revenu par tête.

Ainsi, bien que toujours plus gros, ils adoptent différents types de « socialismes », de manière à ce que la pensée collectiviste infeste nécessairement les idées comme les structures politiques d’un Etat, afin de justifier une expropriation et une exploitation toujours plus importantes.

Règne dans les âges malthusiens un eugénisme certain : les individus qui réussissent économiquement engendrent, théoriquement, une lignée qui a plus de chances de survivre, les meilleurs gènes ayant donc le plus de chances de se multiplier et de se perpétuer. En cet âge d’étatisme post-malthusien, les Etats providences ont le vent en poupe. Ainsi, les individus les moins productifs reçoivent de l’Etat des biens que d’autres, plus productifs, se sont vus dépossédés. Le lien entre le succès économique – et reproductif – et les qualités propres d’un individu (notamment intellectuelles) se retrouvent donc, au mieux, altérées, au pire inversées.

Ce qui a été fait peut être défait, et le cataclysme, la régression – à défaut d’être écologique – sera peut-être simplement biologique.

Nous sommes tous des marionnettes, Laurie. Je suis simplement une marionnette qui peut voir les ficelles.
2 Comments
  1. yoananda

    Je suis en désaccord avec presque toutes les propositions de ce texte. C'est assez impressionnant dans la mesure ou je connais la plupart des infos et études avancées. Étrange qu'on puisse faire une lecture aussi opposée des mêmes informations. Mais je suis néanmoins en accord avec la conclusion sur le dysgénisme étatique actuel. L'étude sur la patience européenne est très intéressante. Le QI est un prédicteur du succès social, mais les fonctions exécutives semblent l'être encore plus (il y a quelques études à ce sujet il me semble). Et justement je pense que la patience est un proxy des EC (qui pourraient avoir elles aussi un facteur général comme pour le QI selon certains chercheurs). Ce qui expliquerais l'anomalie dans la corrélation PIB / QI national : les pays d'asie de l'est ont une QI plus élevé, mais un PIB plus bas (pour combien de temps encore ?) que les européens. La différence dans les EC pourrait l'expliquer. A moins que ça ne soit autre chose comme l'intelligence collective, sujet de recherche en pleine expansion qui proposes des pistes alternatives fort intéressantes. J'ai beau être en désaccord, j'ai tout de même adoré l'article, pour la qualité de sa réflexion, et de ses sources et parce qu'il fait réfléchir tout de même. Merci.

    • Dr. Manhattan

      Que considérez vous comme étant des propositions ? Quels sont vos conclusions, en admettant que notre analyse est similaire ? Je suis curieux de savoir. Merci pour vos compliments.

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