Société

Les vilains secrets de l’éducation publique

10 mars 2019

author:

Les vilains secrets de l’éducation publique

Qui n’a jamais rêvé de découvrir le monde merveilleux de l’éducation publique américaine? Mary Hudson, PhD en littérature française et femme de l’écrivain Jack Holland (décédé en 2004) nous fait partager son expérience enrichissante dans un (très long) article paru dans Quillette[1]. Pendant près de dix ans (2001 à 2010) elle fut chargée de transmettre la langue de Louis Ferdinand Céline (sa traduction de Féérie pour une autre fois fut primée en 2004) dans trois lycées New-yorkais. Entre discrimination positive, loi de protection des minorités, injection d’argent public et privé à haut débit, elle décrit un monde fascinant qui ressemble beaucoup à nos ZEP et autres REP.

Afin de garder cet article dans un format raisonnable, j’ai choisi de présenter uniquement le témoignage de sa première expérience dans la Washington Irving High School, de 2001 à 2004.

Après quelques jours de lune de miel, les attaques terroristes du 9/11 furent accueillies avec grand enthousiasme par les lycéens, certains fêtant l’évènement avec des danses de victoire. Les forces du chaos menaçant de submerger l’établissement, la seule mission confiée aux enseignants par la direction fut de garder les élèves assis et pas trop bruyants. Le lycée fut livré à l’hystérie et à la violence. Des filles particulièrement habiles se jouèrent des détecteurs de métaux pour introduire des lames de rasoir avec lesquelles elles défigurèrent leurs rivales. En dépit de la présence de gardes patrouillant dans les couloirs, la police intervenait régulièrement pour stopper les agressions les plus graves. Ne rien apprendre était l’obsession des « élèves » ; toute tentative de coopération avec le corps enseignant était sanctionnée par des passages à tabac. Le simple fait de rapporter à la maison un manuel était synonyme de lynchage, les meneurs inspectant les cartables des élèves au comportement suspect.

Par souci d’apaisement, la direction de l’établissement appliquait scrupuleusement une politique de tolérance maximale et de lutte active contre les discriminations. Structurée par le concept d’inclusivité, l’administration n’envisageait aucune sanction définitive contre les auteurs des comportements antisociaux les plus graves, laissant les enseignants désarmés. Insultes et violences pleuvaient alors sans entraves. Les initiatives pour isoler les élèves à bon potentiel de l’influence néfaste des caïds, comme simplement les placer aux premiers rangs en classe, étaient immédiatement désavouées par la direction sous prétexte de non-discrimination et de lutte contre le racisme.

Structurés par la sous-culture toxique « gangsta rap», les élèves développaient un langage propre, extrêmement pauvre, mais surtout ordurier et obscène. Etant presque exclusivement afro-américains, ils usaient et abusaient du terme nègre, dont l’usage est strictement interdit aux leucodermes. Ils n’apprenaient rien. Certains se vantaient de ne jamais parler aux professeurs et les plus ambitieux misaient sur les quotas pour accéder à l’université. En terminale, leur niveau était équivalent à celui d’un élève de 6ième.

Un moment particulièrement mémorable fut un « talent show » organisé devant un parterre d’enseignants, d’étudiants, de conseillers d’orientation et de gardes. Accompagnés par une musique tonitruante, les « élèves » se lancèrent dans un concours dantesque de simulation d’actes licencieux, rivalisant de chorégraphies plus explicites les unes que les autres, jusqu’à ce qu’une âme charitable réduise au silence la musique infernale et que l’intervention manu-militari des gardes ne mette fin aux réjouissances.

Les leçons de Mary Hudson
Les discours conventionnels sur l’éducation mettent en avant le manque de moyens, de motivation et de formation des enseignants, ainsi que les techniques éducatives employées. L’expérience de Mary Hudson balaie d’un revers de main ces critiques. Des établissements richement dotés, en très bon état, avec des enseignants compétents et motivés échouent aussi lamentablement que les écoles poubelles.

Cette expérience de terrain permet aussi de comprendre la vacuité des ambitieux programmes d’activation préscolaire comme le Head Start. Préparer les enfants à l’école présuppose qu’ils seront par la suite pris en charge par un système scolaire décent. Aucune intervention de réduction des inégalités sociales, aussi bien pensée soit-elle, ne peut compenser les effets délétères d’un environnement scolaire démentiel. Plus généralement, il est vain de juger l’efficacité des méthodes d’enseignement face à la déliquescence généralisée de l’ambiance dans les établissements scolaires.

Fernand Sabatté, Les Filles de Danaos (vers 1900).

Le système éducatif des sociétés occidentales est paralysé, pris en étau entre deux formes de racisme.
Le premier est le racisme compassionnel de la bien-pensance occidentale. Intégrant inconsciemment l’infériorité de certaines races dans le cadre très compétitif de la société capitaliste industrielle, le raciste compassionnel ajuste ses attentes envers ces catégories. Le racisé n’est pas tenu responsable de ses actes antisociaux. S’il ne respecte pas les règles de décence communes, c’est parce qu’il est déstabilisé par le racisme institutionnel. Le racisé n’a pas besoin d’égaler le score des blancs et des asiatiques aux examens d’entrée à l’université ; la discrimination positive lui ouvrira l’accès aux savoirs universitaires, qui le hisseront ensuite au niveau des privilégiés.

Le second est le racisme anti-blanc qui imprègne les populations non-blanches en difficulté structurelle face aux exigences d’une société individualiste, industrielle et numérique. Là où le racisme suprémaciste pouvait induire une volonté de revanche ambitieuse contre la « domination blanche », le racisme compassionnel affaiblit et avilit le racisé, le piégeant dans le confort mental et lui promettant le confort matériel sans contrepartie. Point d’homme ou de femme noir se dressant face à l’adversité, place aux safe-spaces interdits aux blancs, aux allocations et subventions qui arrosent les « quartiers en difficulté » et aux quotas de non-blancs dans les Universités, forces de police, pompiers, listes électorales et autres comités de direction des entreprises.

Loin de poser les bases d’une société apaisée et égalitaire, ces faveurs masquant maladroitement un enrobage de condescendance visqueuse sont vécues comme autant de confirmations officielles de l’infériorité raciale des noirs. Pourquoi des lycéens noirs respecteraient-ils un enseignant blanc qui se laisse insulter sans réagir ? Le blanc, sûr de sa supériorité intellectuelle et morale, accepte le comportement du caïd noir, car après tout, c’est sa nature d’être agressif, libidineux et ignorant. Comment un jeune noir peut-il croire qu’il n’existe pas de différence d’intelligence moyenne entre les races quand les noirs reçoivent un bonus de 310 points au test d’admission universitaire[iv] et les asiatiques un malus de 140 points ?

Que faire pour instruire ces enfants réfractaires aux valeurs communes ?
Face à des élèves déstructurés par des environnements familiaux et sociaux défaillants, l’enseignement doit se durcir, aussi bien sur la discipline que sur les exigences de résultats.

L’extraction des caïds du système scolaire est indispensable pour rendre aux élèves motivés la possibilité de travailler sereinement. Soyons raisonnables : personne ne peut « sauver » des humains contre leur volonté, à plus forte raison quand ils entrainent les autres dans leur chute. Le devenir de ces enfants récalcitrants est une problématique majeure, car bien souvent le délinquant scolaire est le produit d’une famille voire d’une communauté dysfonctionnelle, dont la prise en charge est très lourde pour les finances de l’Etat et coûteuse en capital social[2]. En Europe occidentale, où la majorité des délinquants scolaires sont des immigrés arabo-africains, la solution la plus réaliste est d’organiser le retour aux pays des familles incapables de s’adapter à notre société.

Le second problème est le faible niveau des élèves ; état de fait dont la négation est le leitmotiv de nos ministres de l’éducation. La suppression du redoublement, décidée en France par Mme Vallaud-Belkacem, fut une mesure particulièrement contre-productive, uniquement motivée par la recherche d’économies à court terme. Les élèves qui accumulent du retard sont incapables de suivre les cours, renforçant leur sentiment d’échec et leur propension à perturber le reste de la classe. L’argument de la stigmatisation est consternant : il est aisé de dédramatiser le redoublement en expliquant aux élèves que les recruteurs des filières sélectives préfèrent de loin un bachelier de 20 ans avec mention et un dossier solide plutôt qu’un bac à 18 ans obtenu grâce à la miséricorde du jury. Une autre évidence est la nécessité d’orienter rapidement les élèves sans talent ni volonté d’études intellectuelles vers des filières professionnelles. La suppression discrète par le gouvernement Macron des classes SEGPA au profit de classes « inclusives » dans la filière générale s’inscrit là encore à contre-courant de la logique, trahissant une gestion comptable de l’enseignement cachée derrière une posture compassionnelle.

En amont de ces mesures correctives d’urgence, il est indispensable de mesurer scientifiquement les aptitudes intellectuelles des élèves dès le début de leur scolarité pour établir des classes (voire des groupes thématiques) de niveaux homogènes, garantissant à tous des pédagogies adaptées, pour qu’ils puissent exprimer leur potentiel au maximum. Ces évaluations pourraient aussi garantir une détection précoce et systématique des handicaps requérant des traitements appropriés comme la dyslexie et les défauts d’acuité visuelle ou auditive. Les bien-pensants qui hurleraient à l’inégalité face à ces mesures salutaires sont les premiers à organiser le verrouillage de la pyramide sociale. En France, pays de tartuffes par excellence, les élèves sont officieusement classés non pas en fonction de leur talent, mais par les stratégies des parents qui savent esquiver l’égalitarisme officiel. Ils contournent sans honte la carte scolaire en obligeant leurs enfants à prendre des options (latin et grec, allemand plutôt qu’espagnol) dont l’effet signal est connu des seuls initiés. Quand cela ne suffit pas, ils les placent dans des écoles privées, à l’abri de la diversité agressive et des enseignants fantômes.


[1] Quillette est une plateforme de libre pensée et de libre expression fondée en 2015 par la journaliste Australienne Claire Lehmman. Le site est notamment connu pour avoir publié une réponse particulièrement intéressante de quatre scientifiques face à la polémique Google vs James Damore.  http://quillette.com/2017/08/07/google-memo-four-scientists-respond

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

Enjoy this blog? Please spread the word :)

Facebook
Twitter
Instagram