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Le nouvel anarchisme de Droite – Interview Stéphane Geyres

13 juin 2019

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Le nouvel anarchisme de Droite – Interview Stéphane Geyres

Né en 1962, Stéphane Geyres est consultant informatique, spécialisé dans la cybersécurité pour les grandes entreprises. Autodidacte de la liberté, il est connu pour avoir édité les livres Libres ! et Libres !!, chacun écrit à 100 mains ; pour avoir traduit plusieurs textes et ouvrages libertariens et être fondateur du Mouvement des Libertariens. Il est jusnaturaliste, adepte des théories de l’école autrichienne d’économie et considère l’Etat comme l’ennemi de la civilisation.

RAGE a décidé de s’entretenir avec lui car les positions originales qu’il tient semblent incarner une des nombreuses pistes qui émergent du besoin de la droite contemporaine de se renouveler. Nous lui avons posé des questions en rapport avec des thèmes déjà abordés par nous-mêmes dans différents articles ; ces thèmes sont d’actualité car ce sont des réponses que nous leur apporterons dont dépendra notre avenir, et celui de notre civilisation.

Bonjour Monsieur Geyres, et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Pouvez-vous présenter le libertarianisme, ou l’anarcho-capitalisme, pour nos lecteurs qui ne seraient pas familiers avec ces concepts ? D’ailleurs, faites-vous une différence entre ces deux derniers ?

Bonjour, Dr. Manhattan, et merci de votre intérêt.

Le libertarianisme, mot un peu barbare dont la racine est bien sûr la liberté, et donc le libéralisme, constitue l’aboutissement de ce dernier comme philosophie sociale et système politique humaniste. Fort d’une base théorique solide pour le justifier, il consiste à proposer et promouvoir pour l’avenir de l’humanité une société reposant sur le « principe de non-agression », c’est-à-dire une société où le respect absolu des droits fondamentaux de chaque individu est sacré. Bien sûr, c’est aussi une société où le principe dit « du laissez-faire » est d’application universelle, mais j’évite cette formule car beaucoup ne réalisent pas que cela revient exactement au respect des droits individuels que j’ai évoqué juste avant.

Présenté ainsi, cela n’évoque peut-être pas grand chose de concret. Je dirais donc que les idées de liberté et de respect qui caractérisent le libertarianisme sont de nature à apporter des réponses à tous les domaines et grandes questions de la société contemporaine, et c’est ce qui me motive tout particulièrement à les faire mieux connaître. La liberté et le respect de l’individu sont ainsi au cœur d’une écologie véritablement durable et humaniste, de la « justice sociale » telle qu’on peut l’imaginer au mieux, ou encore des questions d’immigration. Notez que j’évite de parler de liberté économique, car je veux souligner que le libéralisme et spécialement le libertarianisme ne traitent pas que d’économie et portent avant tout sur l’éthique sociale.
Bien sûr, je pourrais développer beaucoup plus, mais je préfère finir avec votre question sur le vocabulaire. Je parle indifféremment pour me qualifier, et les idées que je porte, de libertarien, d’anarcho-capitaliste (« anarcap » pour les intimes) ou d’austro-libertarien – désolé pour tout ce jargon. Tous ces termes sont équivalents, tous expriment avec plus ou moins de bonheur et de technicité le principe de liberté précédent, qu’on retrouve dans l’anarchie (absence d’autorité, mais pas de règles) et dans le capitalisme authentique (pas celui de Marx mais celui de tous les entrepreneurs, du simple boulanger à l’entreprise digne de ce nom, celle qui n’est pas accoquinée avec les bureaucrates et élus et ne reçoit aucun privilège ni subvention).

Les grandes figures du libertarianisme incarnés en Pepe the Frog sur un fond au couleurs de l’anarcho-capitalisme.
De gauche à droite : M. Rothbard, H-H. Hoppe et L.v Mises

Comment en êtes-vous arrivé à l’adoption de ces idées ?

C’est tout un cheminement personnel, et d’ailleurs je constate chez mes amis libertariens que nous avons chacun un cheminement différent, ce que je crois significatif de l’universalité de ces idées. En résumé, j’ai d’abord toujours eu le sentiment d’une obscurité et d’un non-sens chez les affirmations économiques qu’on nous servait dans les médias. Puis un jour, pour des raisons d’ordre professionnel, j’ai cherché à m’auto-former à la théorie économique, du moins les bases. Je suis autodidacte et curieux de bien des domaines. Et en cherchant sur Internet des introductions qui fassent sens, ce qui fut particulièrement difficile à trouver tant les théories « officielles » sont du charabia creux, j’ai fini par tomber sur le Mises Institute et les auteurs de ce qu’on dénomme par « école autrichienne d’économie ».

Ce fut une réelle révélation, tant les concepts et les idées exposées sont limpides, cohérents, simples et pourtant extrêmement fidèles à la réalité de notre monde. Mon appétit et ma curiosité m’ont alors poussé à creuser ce site et ses auteurs, puis tant de sites et auteurs périphériques, dans les domaines du droit, de la philosophie, de la philosophie politique, des sciences humaines et de l’histoire. Je me rendais alors peu à peu compte combien ce système d’idées de liberté avait du sens et surtout combien « on » (je devrais dire les politiciens et toute l’intelligentsia) nous mentait au quotidien sur toutes les questions économiques et sociales, pour protéger l’oligarchie étatique en place.

Et plus j’avançais dans leur étude, et dans les débats avec toutes sortes de contradicteurs, de droite comme de gauche, souvent même se disant libéraux sans l’être vraiment, plus je renforçais ma propre compréhension du libertarianisme, et ma conviction de la valeur de son humanisme, au point de me convaincre de l’urgence de le faire connaître plus largement.

Quelles sont les positions libertariennes sur l’immigration ? Comment la gestion des immigrants se fait-elle en anarchie ?

C’est une question récurrente, et de ce fait il existe de nombreux textes sur ce sujet, dans « Libres !! » que j’ai édité par exemple, ou chez Bertrand Lemennicier, parmi beaucoup d’autres.

Il faut commencer par affirmer que la question migratoire que nous connaissons est un phénomène non libéral, pure conséquence des choix politiciens de la France et de l’Europe que nous subissons. Cette vague migratoire est imposée aux population autochtones et cela suffit à en faire un scandale en soi. Scandale qui est doublé par les conséquences sur la fiscalité accrue qui découle de la prise en charge sociale, elle aussi imposée, de ces populations par les systèmes de « providence » et de fausse « justice sociale ».

Ne nous trompons pas sur mon propos, qui n’est en rien raciste ou quoique ce soit de cet ordre. Analysons plutôt. Il y a des populations qui souhaitent venir en Europe. Soit, j’y reviens dans un instant. Mais leur venue, qu’elle soit d’Afrique, d’Europe de l’Est ou d’Asie, peu importe, devrait pouvoir être acceptée – j’allais dire bien accueillie – par les populations locales. Quand vous êtes dans votre maison, personne ne peut vous imposer un locataire sans votre accord préalable, alors pourquoi ne pas faire pareil ? De plus, ces migrants ne viendraient pas tous s’ils ne pariaient sur la prise en charge dite « sociale » qui elle aussi est financée sans notre consentement explicite. Cette absence de consentement est le cœur du scandale de cette affaire.

Bien sûr, il est louable et charitable de recevoir parmi tous ces pauvres gens qui fuient leurs pays miséreux ceux qui souhaitent vraiment refaire leur vie chez nous. Mais cela ne doit pas être une raison pour nous imposer toute la misère du monde, y compris celle qui se révélerait peu fréquentable. L’immigration doit être un phénomène mutuellement consenti, comme toute la vie sociale. C’est cela la liberté : la liberté de migrer, ou pas, mais aussi celle d’accueillir ou de ne pas accueillir, et au bout du compte celle de négocier ensemble pour trouver une solution.

Nous avons récemment fait un article sur l’OTAN, et pourquoi il serait un choix stratégiquement bancal de quitter cette organisation ; comment à Liberland, ou dans « une Europe d’un millier de Liechtenstein » selon la formule de Hans-Hermann Hoppe, gère-t-on les armes nucléaires et la protection face à de grandes puissances ? Bref, comment finance-t-on la protection à grande échelle ?

La question est vaste et mériterait presque un ouvrage à elle seule. Ces trois aspects de la défense envers une « super puissance » font bien sûr un des faux prétextes fondateurs de l’OTAN et de l’UE, mais qui pourtant est loin d’aller de soi. Je retiendrai ici les stratégies qui me semblent les plus représentatives du mode de pensée fort différent que les libertariens mettent en avant sur de telles questions. Et en premier lieu, puisque vous évoquez le Liechtenstein, il faut se rendre compte et tirer les leçons du fait objectif que ce pays minuscule n’est jamais en guerre ni menacé, ce qui demeure la première motivation à penser que sa stratégie doit pouvoir être généralisée à une Europe devenue mosaïque de mille micro-pays.

Outre une grande neutralité et une très faible ingérence dans les affaires extérieures, Vaduz applique en premier lieu une stratégie de services envers le reste du monde. Et mille Liechtenstein(s) feraient probablement de même, à une échelle décuplée. La meilleure défense restant la dissuasion, ils est probable que dans chaque « pays », de nombreuses entreprises, performantes, se seraient rendues comme indispensables les unes envers les autres et surtout envers leurs clients situés dans les pays potentiellement agresseurs. Lesquels seront les premiers à dissuader leurs gouvernements de partir à l’aventure fort incertaine d’un conflit qui les mettrait en sale situation.

Fort incertaine car de plus, dans une anarcapie, la police et la protection civile en général est typiquement apportée par les compagnies d’assurance internationales. Bien que pacifiques par intérêt commercial, celles-ci disposent de moyens financiers colossaux qui viennent en soutien des moyens de leurs clients. Ainsi, même une force américaine pourrait bien avoir fort à faire face aux moyens de défense qu’un Axa serait capable de mobiliser pour ses clients. Moyens qui de plus viendraient en complément de la puissance de défense privée que les citoyens « des mille » auraient pu accumuler par eux-mêmes – car il faut se souvenir que la liberté suppose celle du port d’arme et donc que les peuples libres sont bien armés.

Enfin, il faut remettre un tel projet en perspective globale. Il est évident qu’une Europe « des mille » Liechtenstein si elle doit voir le jour, ne se fera pas en une nuit. Cela prendra peut-être une, voire deux générations. Pendant tout ce temps, le reste du monde aussi évoluera, et il aura forcément évolué pour que cette transformation politique puisse se faire. Autrement dit, il est très probable qu’en parallèle, les Etats-Unis aient eux-aussi connu un retour à leur décentralisation originelle en Etats, réduisant d’autant la menace mondiale de leur impérialisme.

Certes, je me rends bien compte du caractère très hypothétique de cette dernière analyse, mais je cherche à montrer qu’une question comme celle que vous posez correspond à un scénario en réalité très improbable et que la réponse se fera en parallèle de la transformation de l’Europe. En je conclus donc par une grande confiance dans la capacité « des mille » à se défendre.

Symbole de l’OTAN avec un fond représentant l’armée du présent comme du futur.

Comment appréhendez-vous les problématiques écologiques dénoncées par l’entièreté des hommes politiques et des médias comme le réchauffement climatique ou la pollution plastique ? S’ils sont, à certains égards, de sérieux problèmes, comment seraient-ils gérés en anarcapie ?

Bonne question, surtout vue l’actualité. Je l’aborde à deux niveaux. En premier, je me méfie toujours de la propagande étatique qui est partout dans les médias subventionnés, et donc je commence par douter et vérifier les théories alarmistes qui nous sont servies. Et que ce soit les théories du GIEC, celles mises en avant par les « décroissants » ou encore les thèses qui s’appuient sur une pseudo entropie pour justifier des limites physiques que le monde nous imposerait, je constate qu’aucune ne repose sur quoi que ce soit de sérieux, rigoureux et économiquement solide – j’ai écrit un article sur chacun de ces sujets, pour mémoire.

Alors ensuite, pour aller directement à la réponse, mon article sur la décroissance donne je pense l’essentiel du principe. Tout d’abord, les libertariens ne sont absolument pas insensibles aux questions écologiques. Mais ils contestent néanmoins que même l’écologie puisse être un prétexte à moins de liberté individuelle. Au contraire même, ils avancent que c’est dans la liberté que se trouve la réponse ultime et durable. Car finalement, l’écologie doit trouver comment au mieux et à l’échelle de l’humanité prendre la décision suivante : entre préserver la nature et permettre à l’humanité de se nourrir et prospérer, qui doit décider ou donner la préférence, si ce n’est chacun de nous ?

Les environnementalistes comme Barrau veulent plus d’Etat et moins de libertés individuelles.

Pouvant résumer la doctrine juridique du libertarianisme à « faire ce qu’on veut avec ce qu’on a », que pensez-vous du transhumanisme ? Comme nous en avons parlé dans des articles précédents, pensez vous que le fait d’imposer des limites aux individus sur l’amélioration de leurs capacités diverses et du génome de leur descendance représente un danger pour la civilisation occidentale, ce qui ne ferait qu’accélérer sa tiers-mondisation ?

Autre sujet fort intéressant, merci. Il y a déjà quelques années, j’avais écrit un texte assez général sur le lien entre la liberté et la technologie – dans votre question, la technologie est celle de l’amélioration de l’individu voire de l’espèce – qui souligne que tout se passe bien tant que la responsabilité individuelle, et donc le droit, reste le garde-fou des excès toujours possibles. Autrement dit, quiconque peut bien devenir un bioman ou un homme-qui-vaut-trois-milliards, tant que sa relation aux autres est encadrée par le principe de non-agression, et donc qu’il ne peut agresser ou voler quiconque impunément, je pense que rien de grave ne peut arriver, bien au contraire.
J’avoue rester encore sur cette ligne, mais il est vrai que depuis, cette crainte envers la civilisation mérite sans doute un complément. À cet égard, H-H.Hoppe dans le chapitre 1 de son célèbre Democracy, The God That Failed, que nous sommes en train de traduire, propose à mon sens la meilleure base de réponse. En substance, il montre que dans une société libre, donc une société où le droit est respecté et les impôts n’existent donc pas, la prospérité, la liberté bien sûr, mais aussi la vision à long terme, l’investissement, le développement sous toutes ses formes trouvent un meilleur terrain de croissance. Autrement dit, la civilisation occidentale peut se résumer à la liberté et au respect du droit qui l’accompagne, et que si la liberté revient, la liberté véritable s’entend, celle dont l’état et la démocratie sont absents, alors la civilisation occidentale et l’humanité avec elle resplendiront de nouveau.
On voit que la réflexion est bien autre et ne se focalise pas spécialement sur le transhumanisme, dont on pourrait simplement penser qu’il n’est que la prochaine étape de notre évolution. Je sais parfaitement que je réponds à côté de certaines questions cachées, telles celles liées à la moralité de telles expériences. Mais de quel *droit* un individu n’agressant personne ne pourrait-il tenter d’améliorer son existence humaine ? Notre devoir consiste à lui accorder cette liberté, pourvu qu’il reconnaisse la nôtre. Voilà notre civilisation.

Pour les libertariens, chacun est libre de disposer de son corps, et donc de l’améliorer.

Un dernier mot ?

Nous sommes juste après des élections européennes qui ont vu « la droite » supposée faire 8%, un score sans précédent dans le champ du minable. Bien que profondément opposé à toute démarche partisane, ce chiffre m’affecte précisément parce qu’il illustre l’incapacité de ces élites supposées porteuses d’un message civilisationnel d’en être dignes et de le porter haut et fier.
Wauquiez vient de démissionner, la bataille de sa succession va faire rage, probablement avec les bassesses habituelles. Pour ma part, partis ou pas, je pense qu’il faut inverser la logique et cesser de se laisser intimider par les gauchistes de tous poils qui se font passer pour les seuls humanistes, alors qu’ils sont les vrais tyrans. Il faut être fier de son héritage civilisationnel et l’assumer pleinement – de toute manière, il n’y a désormais plus rien à perdre, et le successeur importe peu à ce niveau.

À ce propos, H-H.Hoppe, chef de file des libertariens, nous éclaire ainsi : « Ainsi, pour empêcher un déclin, il ne faut ni plus ni moins qu’un changement de l’opinion publique ; et celle-ci peut être influencée à tout moment par idées et idéologies. »
Il a bien sûr raison. Cela veut dire qu’il ne faut pas aller dans le sens du poil, là où il est facile d’aller, là où on se croit populaire, mais où on perd toute substance. Il faut aller à contre-courant et oser dire le vrai. Il faut oser dire que la civilisation rime avec liberté individuelle et respect du vrai droit et que c’est par là que l’avenir se dessine. Il faut le courage d’un libéralisme fort et qui bouscule. Le choix est simple, pour cette droite en lambeaux. Suivre les libertariens, ou disparaître et se rendre complice d’un désastre pire encore.

Hans-Hermann Hoppe, « chef de file des libertariens ».

Où peut-on vous retrouver ?

Un peu partout sur Internet : sur mon blog, sur Vu d’Ailleurs, sur la chaîne Regards Libres également.
Merci pour cette interview fort pertinente.


Nous sommes tous des marionnettes, Laurie. Je suis simplement une marionnette qui peut voir les ficelles.
12 Comments
  1. Lizeer

    Dans ce cas que pensez vous de la doctrine de Charles Maurras qui était lui aussi partisan de plus de liberté individuelle, de décentralisation, et à qui on a attribué la phrase la monarchie c'est l'anarchie plus un ?

    • Lizeer

      Ou alors pourquoi pas un article sur ce sujet ? La monarchie, le maurassisme, et l'action française en général, je pense que ça rentre plutôt bien dans votre projet de traiter cela

      • Dr. Manhattan

        C'était un bon journaliste, un géopolitologue correct, mais le reste de sa pensée, pour l'avoir explorée, n'est pas très intéressante à mes yeux. Je ne vois pas pourquoi parler de lui en ce qui concerne la décentralisation et les libertés individuelles quand d'autres (les libéraux) le font mieux que lui. Par ailleurs, ses positions sur le judaïsme ne me paraissent pas aller bien dans le sens des libertés individuelles. Libre à vous de nous proposer un article via l'adresse rage-culture@protonmail.com, que nous publierons si nous le trouvons pertinent sur plusieurs plans.

  2. […] Il est aussi souvent interviewé, comme ici par exemple. […]

  3. yoananda

    Article très intéressant. Je dis souvent "l'ennemi c'est l'état". Je ne sais pas si je suis ancap car je me pose trop de questions pour pouvoir me définir dans une catégorie particulière mais j'ai de gros penchants pour la liberté. Ce que j'aime bien ici c'est que la question militaire est abordée. Quand j'ai découvert le libertarianisme, la première question qui m'est venue : "super mais comment on se défends contre les agressions extérieures, notamment celles des états ?" Ici l'auteur proposes qu'un Axa militarisé interviendrait pour ses clients. Pourquoi pas mais j'ai de sérieux doutes. Ce serait pour Axa un simple calcul risque/coût/bénéfice. Le bénéfice à retirer serait une perte de revenus ? peut-être mais, sans défense, les peuples agressés seraient vite mis en servage et il suffirait à l'agresseur de passer une entente avec Axa pour lui garantir un retour rapide de ses revenus initiaux. Je n'y crois pas trop, vu que de l'autre coté, s'engager dans une guerre serait très incertain et, en cas de perte, ça serait la fin de la société ou quelque chose d'approchant. Mais il y a pire. Qu'est-ce qui empêcherait qu'un jour, le CA d'Axa bascule dans un mode plus agressif, et décide de carrément prendre le pouvoir pour lui même. Après tout, l'Axa militarisé serait déjà très proche d'une administration étatique, alors à tant qu'à faire ... Pour éviter ça il faudrait s'assurer qu'il n'y ai pas de monopole ou de cartel. Même si on sait que l'émergence de ce genre de situation est favorisé par la présence d'un état, on ne peut pas exclure à priori qu'en son absence il n'y en ai pas. Des citoyens armés modèrent ce raisonnement certes, mais, en dehors de quelques fusil d’assauts, je vois mal en quoi ça ferait une différence face à des chars, des missiles, et satellites, et tout l'arsenal moderne. Du coup la réponse proposée à la question de la menace militaire me semble un peu sommaire, voire, peu satisfaisante. Autre question : la survenue d'une anarcapie me semble pour le moins très très hypothétique dans un continent comme le notre, rempli de drogués, assistés, d'immigrés, de féministes, de gauchistes, d'étatistes, et de fachos. Pas beaucoup de tendance naturelle à la liberté dans toutes ces catégories. Sans parler de l'idiocracie qui se met en place. Bien sûr je croises ici ou la quelques amoureux de la liberté, mais je vois mal comment ils pourraient diffuser leurs idées au point de convaincre les masses qui préfèrent brouter la propagande étatique tranquillement. L'anarcapie est un projet ultra-élitiste, voire utopique, il me semble. Non ? Grosso modo, ceux qui pourraient avoir une inclinaison naturelle vers l'anarcapie, ça serait les chef d'entreprise. Autant dire, peanuts (même s'ils disposent d'un certain pouvoir dans la société). --- sur l'écologie : si on part du principe que chacun est libre, je ne vois absolument pas en quoi il faudrait critiquer ou s'opposer aux "décroissantistes" : ils font bien ce qu'ils veulent, non ? Ils n'agressent personne. S'ils cherchent à imposer quoi que ce soit, ce n'est qu'une frange minoritaire parmi eux, et, elle n'existe que parce qu'il y a un état qui peut imposer des politiques. Du fait qu'il y ai un état, il y a partout des gens tentés par le fait de l'influencer. C'est d'ailleurs le principe de la démocratie. Enlevez l'état et cette nuisance du fascisme vert disparaîtra d'elle même, ainsi que les autres nuisances du même genre. --- le transhumain fait ce qu'il veut du moment qu'il respecte le principe de non agression. Hum, ça me semble encore très utopique. Le principe de "non agression" comment ça se définit au juste ? parce que ça me semble très subjectif comme notion, et c'est d'ailleurs exactement sous ce principe que l'Islamisme se diffuse en France : "on n'agresse personne avec nos burqa et nos mosquées" ... sauf que c'est faux. Pour moi le problème est mal posé. La question du transhumanisme, c'est la question de la compétition intra-espèce. Je considère (c'est un exemple parmi tant d'autres) les femmes siliconées et les traders sous coke comme des proto-transhumains. Après tout, ils n'agressent personne, ils s'augmentent eux même pour être plus performant. Et donc, par compétition économique et simple nécessité de survivre les humains dans leur ensemble pourraient être entraînés contre leur grès, ou, à l'insu de leur plein grès, à devenir tous des transhumains. Je suis à peu près sûr que si on demande aux jeunes filles ado en californie leurs rêves dans la vie, ce n'est pas de s'acheter des implants mammaires. Pourtant par compétition sexuelle, pour attirer les hommes les plus fortunés, beaucoup sont obligées de le faire, non pas parce qu'elles le veulent, mais parce que si elles ne le font pas, elles sont exclues du jeu de la séduction. Si on ne prends pas en compte les dynamiques de groupe (jusqu'à nouvel ordre les humains y sont extrêmement sensible) on peut croire bien faire mais en réalité, fabriquer un enfer.

    • Dr. Manhattan

      Je vais vous répondre en plusieurs commentaires pour que ça ne paraisse pas confus. Si j'ai justement abordé le sujet, c'est évidement parce que c'est une question qui revient souvent, la preuve en est. Pour faire simple, disons que AXA ne serait pas la seule multinationale en anarcapie comme elle ne l'est pas actuellement. Les enchevêtrements de compagnie d'assurances ainsi que des multinationales qui doivent entretenir et protéger de lourdes infrastructures rendent les interventions militaires infiniment plus compliquées puisque potentiellement multipolaires. De plus, le rôle qu'ils peuvent entretenir est surtout dissuasif et défensif ; je rappelle qu'une compagnie privée n'a que peut à gagner dans l'agression, puisque c'est la paix et le marché qui permettent la génération de leurs revenus, surtout quand aucun Etat n'est là pour accorder des privilèges.

    • Dr. Manhattan

      D'autre part, dans une situation de marché sans entraves, le monopole/cartel n'existe pas vraiment, puisque aucune barrière légale ne freine l'entrée sur le marché de nouvelles entreprises : en effet il faut revoir la notion de monopole, comme l'a fait Rothbard dans le chapitre 10, me semble-t-il de Man, Economy and State. En effet, s'il y a un seul coiffeur dans tout un quartier, pouvons nous vraiment dire que celui-ci a un monopole si rien n'empêche légalement l'installation d'un concurrent ? Étendez ce raisonnement à l'économie de manière générale, et vous comprendrez que les cartels/pseudo-monopoles de fait dans une économie de laissez-faire n'existent pas vraiment, et au pire, tendent à disparaître s'ils sont inefficaces i.e. s'ils ne servent pas suffisamment bien les consommateurs et que d'autres producteurs sont plus aptes à le faire.

    • Dr. Manhattan

      La survenue d'une anarcapie en tant que tel est fort improbable, mais comme vous l'avez peut-être déjà entendu, la stratégie principale des libertariens consiste dans le soutien de toute décentralisation/sécession, pour affaiblir les Etats et l'ampleur de leur emprise/exploitation/expropriation. Pas besoin de faire partie d'une élite intellectuelle pour comprendre et défendre la décentralisation radicale.

    • Dr. Manhattan

      Le problème des écologistes, c'est qu'ils sont de belles pastèques : verts à l'extérieurs, rouges à l'intérieurs. La menace écologiste réside principalement dans le fait qu'ils opposeront toujours davantage de libertés individuelles et économiques, notamment en opposant systématiquement tout les traités de libre-échange.

    • Dr. Manhattan

      Le principe de non-agression : respect du droit de propriété. A ce sujet, vous pouvez classiquement lire Rothbard et ses ouvrages "For a New Liberty" ou "The Ethics of Liberty". D'autre part, je vous conseille surtout deux ouvrages de Hoppe : "Theory of Socialism and Capitalism" et "Economics and Ethics of Private Property". Concernant le phénomène d'islamisation, il est directement lié au problème d'immigration, notamment causés par l'attractivité de l'Etat providence, ainsi que les lois antiracistes et antidiscrimination.

      • Méléagant

        L'immigration de remplacement n'est-elle pas plutôt souhaitée par les entreprises qui voient dans ces milliers de travailleurs/consommateurs une solution face au vieillissement des populations européennes et un moyen de faire pression à la baisse sur les salaires? La disparition de l'Etat et donc des frontières (aucune entreprise ne va s'assurer de ce "service" qui ne rapporte absolument rien) ne risque-t-elle pas d'accentuer dramatiquement ce problème? Peut-être qu'un Etat minimal, qui s'occupe uniquement de quelques fonctions régaliennes (diplomatie, défense du territoire, gestion de l'arme nucléaire) reste souhaitable? On pourrait notamment pour l'armée, envisager un système de milices à la suisse

    • Dr. Manhattan

      Pour finir, sur vos préoccupations au sujet du transhumanisme et du laissez-faire "sans limites", je dirais que les individus, bien qu'influencés, sont libres de refuser ou non de se plier à des normes sociales et leur évolution. D'ailleurs, seulement des individus ayant de très hauts standards sociaux se plient à des pratiques extrêmes, les problématiques de "survie" et de "nécessité" sont bien loin derrière eux. Vous évoquez à juste titre la Californie, c'est bien parce que c'est assez unique et peu représentatif des sociétés humaines que des épicentres comme celui-ci vous viennent à l'esprit.

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