Cinéma

Aquaman – Un Blockbuster archéofuturiste et traditionaliste

4 juin 2019

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Aquaman – Un Blockbuster archéofuturiste et traditionaliste

Il nous arrive à tous d’avoir envie de visionner un blockbuster, un soir où on n’a rien de particulier de prévu : poser son cerveau, regarder de la baston, de jolies couleurs et de l’humour. C’est exactement dans ces circonstances, sans attente aucune, que j’ai visionné Aquaman.

Après la déception de Suicide Squad (2016), Justice League (2017) et Wonder Woman (2017), je n’éprouvais pas forcément le besoin de dépenser 8 euros pour avoir, encore une fois, l’envie de sortir de la salle de cinéma au bout de la moitié du film.

Puis vient sa sortie sous format Blue-Ray, les têtes de gondoles de la Fnac sont envahies des petites pochettes bleues avec le barbu au costume orange et vert. Une semaine plus tard, je me retrouve dans la situation que je vous ai décrite dans le premier paragraphe. Lancé sans espoir particulier, je fus particulièrement bien surpris de la qualité et de l’originalité de ce divertissement tout public, et ce sur plusieurs plans, que je développerais tout au long de cet article.

Alerte Spoiler, donc.

Le naufrage du DC Extended Universe

Il convient de revenir sur le contexte difficile de la sortie de Aquaman. En effet, la controverse n’a pas attendu que Man of Steel (2013) soit dans les salles obscures que ses affiches étaient déjà moquées. Les critiques ne se sont pas taries après la sortie : « trop sombre », « trop prétentieux », « longuet ». Le film est pourtant plutôt bon, spectaculaire et agréable à regarder.

En ce qui concerne Batman V Superman : Dawn of Justice(2016) ce fut encore plus mitigé. Ce dernier reste très bien réalisé, Zack Snyder (réalisateur de 300, auquel nous avons déjà accordé un article, Watchmen et L’armée des morts) aux commandes encore une fois oblige, et certaines scènes sont ahurissantes et restent bien en mémoire. J’ajouterais aussi la bande son de Hans Zimmer et Junkie XL (Mad Max : Fury Road, Alita : Battle Angel (que nous avons aussi déjà traité), Deadpool), dans les points positifs. Mais le scénario était clairement un fiasco, les incohérences légions, et la bande annonce un condensé de spoilers. Le film fut toutefois unanimement plus apprécié en version longue, jusqu’au point de faire changer radicalement l’avis de certains.

Jusque-là, ça allait. Ce n’était certes pas un début de saga glorieux, mais il y avait de quoi s’améliorer : une base solide sur laquelle élaborer très correctement. Viennent alors les producteurs et (les studios de manière générale) qui postulèrent que les deux films précédents (surtout BvS) furent dans l’ensemble moyennement reçus à cause de la direction trop sérieuse et solennelle que lui donnèrent le réalisateur et les scénaristes Chris Terrio et David S. Goyer. Que nenni ! La faute est plutôt à mettre sur les longueurs, les personnages stupides aux motivations floues, le manque de clarté de la trame narrative… Bref ce sentiment permanent de ne pas savoir où est-ce que le film « allait ».

Au lieu de traiter ces problèmes, les films suivants n’ont fait que les reprendre et les accentuer. Malgré quelques fulgurances au niveau de la réalisation ou de la mise en scène dans Wonder Woman et Justice League, absolument tout est oubliable, là où leurs deux aînés marquent vraiment, à défaut d’être excellent pour le deuxième. Suicide Squad quant à lui est juste scandaleux.

DC a dans son ADN de quoi se différencier de Marvel. Vouloir les copier est une grossière erreur. Contrairement à ce que j’ai beaucoup entendu, non, DC ne fait pas juste du plus sérieux, cynique ou sombre. DC fait de l’iconique. Qui de mieux que James Wan, réalisateur de films d’épouvante à succès (Saw, Insidious, Conjuring, bon, il a quand même réalisé Fast and Furious 7 au passage) pour rendre justice à l’univers adapté de bandes dessinées dont le réalisateur de 300 a posé les bases ?

Le réalisateur James Wan, deuxième en partant de Bâbord toute.

DC trouve le bon t(h)on

Une sorte de mauvaise compréhension de l’essence du matériau de base semblait prendre place, doublée d’une mauvaise compréhension de ce qui n’allait pas dans les adaptations du dit matériau. Aquaman ne tombe pas dans le même piège que ses prédécesseurs. Le film est à la fois ambitieux, drôle, plutôt bien rythmé, coloré et amusant. Chose que n’avait pas encore réussi le DCEU.

Toutefois, il reste le problème de l’adaptation d’un héros peu connu. Ceux qui sont aux commandes concernant le développement de cet univers ont réalisé un sacré tour de force en adaptant une version d’Aquaman proche de celle de la New 52, l’excellent reboot des bandes dessinées DC datant de 2011 qui rendit ses planches plus épiques, plus profondes et plus belles. S’ajoute à cela le choix original et pourtant cohérent du casting de Jason Momoa dans le rôle principal, dont le visage est déjà familier pour bon nombre de spectateurs.

Bien que le message écologiste fut prévisible, il reste bien heureusement très peu présent, mais nous y reviendrons. Finalement, aucun de ces longs discours moralisants dont personne ne veut. Nous n’avons pas affaire à un film qui se prend pour autre chose qu’il n’est vraiment, qui vient plomber l’ambiance avec une idéologie politique, comme peuvent le faire les derniers Marvel. La preuve étant que de nombreux écolos dénonceront le fait que ce sujet ne fut pas assez discuté.

Une esthétique renversante

Nous en venons au cœur du sujet, ce pourquoi j’ai estimé qu’un article sur ce film était pertinent. En effet, dès les premières scènes, les premiers costumes des soldats d’Atlantis m’ont frappé par leur originalité et leurs couleurs.

Et les bonnes surprises ne s’arrêtent pas là.

Cet aspect général qui mêle l’archaïque et la technique, l’ambiance médiévale et la science-fiction, la tradition et le progrès restera très marquant. En un mot : l’archéofuturisme. C’est un concept que le controversé et regretté Guillaume Faye (1949-2019) développera dans son ouvrage éponyme. Laissez-moi donc faire une digression pour vous présenter brièvement ce concept.

En des temps où les enjeux et les dangers se précisent, il prône une pensée « dure ». Son objectif est d’ouvrir des pistes inimaginables et impensables il y a quelques années. Sa thèse centrale est que le monde actuel se dirige vers une « convergence des catastrophes », un séisme de civilisation, et que la loi du monde de l’après-chaos – qui commence déjà à poindre – sera l’archéofuturisme, un mélange détonant de techno-science et de retour aux valeurs ancestrales.

Fidèle à sa réputation sulfureuse, Guillaume Faye propose une réflexion radicale, provocatrice et pour le moins, nietzschéenne. Il offre les armes de ce qu’il considère être la rébellion, de la libération et de la renaissance nécessaire à la civilisation occidentale.

Dans le film, cela pourra évoquer la chute de la cité et son engloutissement, qui ne venait, d’après Vulko – conseiller des monarques atlantes et mentor secret d’Arthur Curry, alias Aquaman – que de l’ambition et de la soif de pouvoir que leur avait apporté leurs fulgurantes avancées technologiques. Pour survivre, ceux qui devinrent, entre autres, les Atlantes purent s’adapter grâce à la même technologie qui les condamnèrent, pourtant sans abandonner les aspects aristocratiques, guerriers et traditionnels de leur société. Vulko, affirmera de la même manière que ceux qui ne firent pas ce choix régressèrent, ou pire, devinrent sauvages. Comme diraient les boomers sur les réseaux sociaux : « amédité … »

Les profondeurs de la cité aux reliques du passé

La narration elle-même fait écho à ce concept d’archéofuturisme. En effet, l’histoire de Aquaman, comme son prénom le laisse deviner, est largement inspirée de la légende du Roi Arthur Pendragon : un héritier perdu, paria parmi les siens devant récupérer une arme-relique pour assurer sa légitimité. Sauf que le tout est mêlé aux codes de la cinématographie du space-opéra. Ce mélange particulièrement ambitieux est tout à fait fascinant parce que tout simplement inédit dans les grosses productions récentes.

Bref, ce n’est pas seulement voir sur le même plan des lasers, des bâtiments d’architecture de la Grèce antique, des néons et des vaisseaux dignes des derniers films de SF qui sera fascinant. Mais surtout que l’archéofuturisme est embrassé dans son entièreté ici. Ne pensant pas que G. Faye fasse parti des lectures des cinéastes derrière ce film, je pense surtout que ce concept est universel et évident pour qui se pose des questions de l’ordre du civilisationnel.

Le conseil des rois. Lieu de rencontre entre Orm et Nereus dans le film.

Un contre-courant idéologique

En parlant d’esthétique et en continuant sur le message que laisse transparaître Aquaman, il est important de continuer sur les idées qui la sous-tende. Contrairement à ce que beaucoup de gens penseront, l’aspect « naturel » du monde sous-marin ne semble pas vraiment être porteur d’un message environnementaliste, comme sous-entendu plus haut. Effectivement, on pourrait croire que les Atlantes vivent en symbiose avec la nature, laissée deviner par les constructions organiques et l’omniprésence de faune et de flore de diverses manières dans les différentes cités englouties.

La cité des Fishermen

Cependant, je pense que l’on peut défendre une thèse radicalement opposée.

Pour commencer, les revendications pseudo-écologistes n’en sont pas. En effet, Orm, le principal adversaire du héros, explique très concrètement que c’est de la destruction de son peuple qu’il compte se défendre. A aucun moment il n’est mention d’autre chose que la grandeur et la sécurité de sa nation : pas question de sauver la nature sous-marine de la pollution. Cela passe finalement pour un faux prétexte, en plus de cela, puisqu’il est assez évident que ses motivations se résument à ses ambitions impérialistes de domination planétaire. Il déclarera de surcroît la guerre à des peuples Atlanto-descendants sans qu’il n’ait réellement quelque désastre écologique à leur reprocher.

Ensuite, il est bon de rappeler que les montures de combat des guerriers de Xebel et d’Atlantis sont des sortes de monstres inspirés d’animaux marins. On peut premièrement se dire que croisements et manipulations génétiques furent nécessaires pour en arriver à avoir des hippocampes de combat de 4 mètres de long. Ensuite, rien que le fait que ces montures soient utilisées pour des combats signifie qu’elles servent tout bonnement les humains. Aucune symbiose mutualiste là-dedans, mais plutôt l’unique capacité de l’humain à dompter et dominer les autres êtres vivants. D’ailleurs, les pouvoirs du trident d’Atlan, lui permettent de contrôler les mers. Cet artefact de domination absolu des êtres vivants marins n’est à aucun moment dénigré comme étant un symbole de l’oppression patria… humaine, pardon.

Finalement, l’aspect naturel de l’aménagement des cités n’est pas témoin de quelque respect de la « Nature » que ce soit. En effet, je vois plutôt cela comme la preuve d’une exploitation très poussée de celle-ci : étant donné le mélange entre la technologie et la « nature », on peut imaginer que les options « naturelles » illustrent simplement de meilleurs choix en termes des fonctions qu’ils remplissent, outre l’aspect esthétique.

D’ailleurs, je réitère mon hypothèse sur les modifications génétiques de la faune pour la flore citadine sous-marine.

Atlantis

Je suis néanmoins conscient de la différence d’interprétation entre les cinéastes, le public en général et moi-même, que ce soit pour cette partie ou la précédente. Mais ça n’en reste pas moins drôle que de ce film s’écoule l’anti-thèse du Zeitgeist environnementaliste, comme en parle si bien Techno-Prêtre dans sa série d’articles sur Aurélien Barreau. Mais ça ne s’arrête pas là.

Là où certains verront un message gauchiste dans la destinée d’Aquaman, nous pouvons y voir tout l’inverse. Comme évoqué précédemment avec l’archéofuturisme, les habitants d’Atlantis sont toujours un peuple sur lequel le poids de la tradition et de la hiérarchie pèse lourdement, de diverses manières.

Pour commencer, seuls ceux ayant une ascendance noble (High Borned dans le film) ont la capacité de respirer à la fois sous l’eau et en-dehors, si bien que pour éliminer les soldats atlantes à la surface, il suffit de créer une fuite importante dans leur armure étanche contenant de l’eau (c’est pratique en même temps, ça permet de buter des gens sans devoir gérer les restrictions d’âge dues aux effusions de sang). Pas de constructivisme social, on nous met directement dans le bain des inégalités génétiques.

Ensuite, le métissage Atlante-Surfacien qu’incarne Aquaman pourrait faire oublier l’importance des liens du sang, sauf que non. En effet, Arthur Curry, bien que bâtard et métisse, est de toute manière le premier né de la reine Atlanna, c’est pour cette raison qu’il représente une menace pour Orm. Ce dernier ne l’ignore pas, et cherche ainsi à montrer sa supériorité à travers un combat, pour conserver son pouvoir.

Plus tard, le fait de récupérer le Trident du Roi Atlan n’a pas pour but d’asseoir la puissance d’Aquaman, mais plutôt sa légitimité. Bien que Orm remette cela en question dans l’affrontement final, je ne pense pas que l’on peut faire fi de ce raisonnement. En effet, Arthur, contrôlant les mers, peut facilement venir à bout de n’importe quelle armée sous-marine, y compris celle d’Orm. Je vois donc moins le combat final comme servant à prouver la légitimité d’Aquaman que simplement la dernière chance de Orm de venir à bout de la menace que son demi-frère représente pour lui. Sans parler du fait que Arthur répondra à son cadet « Do the gods make known their will » (« Que les dieux fassent savoir leur volonté ») lorsque ce dernier affirmera que le trident ne sera pas suffisant pour asseoir sa légitimité.

La tradition, donc.

Des combats fluides et immersifs

Sans insister sur le fait que les combats au trident constituent une très bonne exclusivité en soi, je dirais que ça n’est pas ce qui rend le plus captivant les affrontements. En effet, les scènes de combats ne ressemblent en rien à celles souvent proposées par Marvel en « shaky cam » – littéralement « caméra tremblante » – et « surcutées » (changement de plan trop fréquent en somme), bien trop frustrant pour ceux qui aiment voir l’action plutôt que la ressentir.

Bien au contraire, nous avons ici de jouissifs plans-séquences, chose que vous retrouverez dans bien d’autres films de Wan, ainsi qu’une caméra qui suit le mouvement des personnages ou de leurs armes, rendant le tout vraiment spectaculaire et fluide, ce qui n’est pas négligeable pour une action qui se déroule majoritairement sous l’eau.

Parce que des images valent plus que des mots, voici la première scène d’action du film. Vous comprendrez alors exactement ce que je veux dire, malgré le fait que ce combat se fasse à la surface.

La couleur est annoncée avec cette première scène de combat.

Une cascade de référence

Aquaman est plein de clins d’œil, de références, de parallèles. Cela me paraissait important de parler de quelques-uns d’entre eux, puisque parfois assez fins et très pertinents.

Dès le début une référence importante apparaît à l’écran, une boule à neige repose en (1890-1937) sur une des œuvres principales de Howard Phillips Lovecraft .

On peut voir le titre de cette ouvrage majeur de Lovecraft sur le dos du livre

Rappelons que The Dunwich Horror se déroule dans le même univers que The Call of Cthulhu, ce qui constitue à la fois un renvoi vers la littérature d’horreur qui est chère à notre réalisateur Malais, mais aussi aux créatures marines monstrueuses qui ne manqueront pas d’être représentées ici à l’écran. J’aime penser que c’est une allusion au fait que l’histoire contée ici fait partie elle aussi d’un ensemble mythologique.

Autrement, au tout début du film, nous avons droit à une citation de Jules Verne (1828-1905) venant, non pas deVingt-mille lieues sous les mers comme on aurait pu s’y attendre, mais de Une ville flottante, dont le titre rappelle certainement le passé d’Atlantis (bien que dans les faits, l’histoire n’a pas grand-chose à voir, si ce n’est qu’elle parle d’un bateau géant). Ce que je trouve époustouflant dans cette référence, c’est que le personnage principal de cette oeuvre en est le narrateur … de la même manière que c’est Aquaman lui-même qui parle de la rencontre de ses parents (et de leurs retrouvailles à la fin d’ailleurs) au moment de cette citation. Cependant, les références à l’oeuvre de Jules Verne ne s’arrêtent pas là, en effet la quête du trident amènera Arthur à faire un Voyage au centre de la Terre

« Mettez deux navires en pleine mer, sans vent, sans courant, et ils finiront par s’accoster. Jetez deux planètes immobiles dans l’espace, et elles tomberont l’une sur l’autre. Placez deux ennemis au milieu d’une foule, et ils se rencontreront inévitablement. C’est fatal. Une question de temps, voilà tout. »

Jules Verne

La deuxième partie de la citation est assez évocatrice de l’inévitable conflit entre les deux fils de la reine Atlanna.

Une autre référence est cette télé qui s’allume sur une série des années 60 : Stingray. Cette dernière comprend des intrigues sous-marines, et un royaume régit par un tyran. Tiens, tiens tiens…

Un extrait de Stingray aperçu sur la télé de Thomas Curry

Comme rapidement évoqué au début, Snyder a une place toute particulière dans cet univers, il était donc prévisible – et très appréciable pour ma part – de voir des ralentis É-PI-QUES et des scènes d’action peu coupées, ce dernier étant de toute manière un point commun aux deux réalisateurs.

En grand seigneur, voilà un autre extrait du film qui illustre mon propos. Du Snyder tout craché.

Un hommage à Znyder, celui qui aura lancé les adaptations de cet univers sur le grand écran

Là où le film pêche

Malgré ses grandes qualités, le Aquaman reste un divertissement tout public inspiré d’une bande dessinée peu profonde par les thèmes abordés, et laissera le public le plus exigeant sur les littoraux. Évoquer les quelques points faibles semble quelque peu nécessaire pour rester honnête.

Déjà, les deux-trois flash-backs des entraînements de Arthur Curry avec Vulko paraissent insuffisants pour expliquer ses capacités de combat hors normes. En parlant du personnage incarné par Willem Dafoe, il est très largement sous exploité. En effet, peu de fois dans le film est-il mis au centre d’une intrigue, ou incarne-t-il une figure d’autorité ou de grand mentor ; et quand bien même sera-t-il mis dans des positions difficiles, il ne sera pas question de le voir souffrir, et donc d’émouvoir le spectateur à son égard. Premièrement, c’est mal exploiter le potentiel de cet excellent acteur. Deuxièmement, c’est très maladroit dans le parcours initiatique d’un héros que de ne rencontrer que peu de difficultés émotionnelles et affectives. Cela brise l’excellent stéréotype du guide qui finalement périra pour laisser seul son disciple accomplir une transcendance par un acte ou ensemble d’actes héroïques.

Le reste des éléments essentiels au développement archétypal du héros qu’aura mis en évidence Joseph Campbell dans The Hero with a Thousand Faces sont cependant présents et Vulko sera quand même retenu prisonnier pendant une bonne partie du récit.

Aussi, tout semble un peu trop facile dans ce film, et notre héros n’y perd finalement rien. Le tout laissant cet arrière-goût de facilité un peu dérangeante. Gardons toutefois espoir, étant donné que Black Manta – antagoniste à la substance manquante bien que très réussi dans son adaptation – ne meure finalement pas dans son affrontement en Sicile contre notre ami de la poiscaille, et qu’il reviendra dans un deuxième opus pour lui opposer plus de difficultés. Notamment comme dans un numéro de Aquaman dans lequel il coupera la main du héros. Arthur compensera d’ailleurs dans une version antérieure du comics son amputation (non infligée par Black Manta cette fois) par le port d’une sorte de crochet-harpon que je trouve personnellement très stylé. Espérons que les événements du prochain film mêleront les deux.

Aussi, la bande originale n’est pas extraordinaire, elle désamorcera parfois même les scènes, en s’arrêtant avant certaines blagues, ou bien en étant bien trop « tape à l’oreille » lorsqu’elle vient appuyer un coté « badass » comme pour dire « EH REGARDEZ COMME C’EST CLASSE » de manière très lourde et peu mesurée. La présence de Synthwave est en revanche bienvenue et se marie très bien avec l’apparence « extra-terrestre » d’Atlantis.

Le vent en poupe !

Aquaman a très bien marché avec des recettes qui dépassent le milliard, pour un budget avoisinant les 200 millions de dollars. Les chefs de ce projet plein de potentiel jusque là mal exploité du DCEU ont compris le message, ce que voulaient les fans de la première heure, comme le grand public. Avec ce film, DC remonte furieusement la pente. Les studios Warner Bros. peuvent sérieusement devenir une menace pour Marvel qui va devoir rapidement se renouveler après la fin de leur arc narratif principal.

En tout cas, si vous voulez poser votre cerveau, regarder de la baston, de jolies couleurs, de l’humour mais aussi de l’archéofuturisme, une jolie réalisation et des combats épiques, allez voir Aquaman de James Wan.

Nous sommes tous des marionnettes, Laurie. Je suis simplement une marionnette qui peut voir les ficelles.
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